Il meurt lentement un poème de Pablo Neruda

Posté par ENO filles le 24 juillet 2013

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Il meurt lentement – un poème de Pablo Neruda

      

        Il meurt lentement

         celui qui ne voyage pas,

         celui qui ne lit pas,

         celui qui n’écoute pas de musique,

         celui qui ne sait pas trouver

         grâce à ses yeux.

Il meurt lentement

celui qui détruit son amour-propre,

celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement

celui qui devient esclave de l’habitude

refaisant tous les jours les mêmes chemins,

celui qui ne change jamais de repère,

Ne se risque jamais à changer la couleur

de ses vêtements

Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement

celui qui évite la passion

et son tourbillon d’émotions

celles qui redonnent la lumière dans les yeux

et réparent les cœurs blessés

Il meurt lentement

celui qui ne change pas de cap

lorsqu’il est malheureux

au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques

pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!

Risque-toi aujourd’hui!

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement!

Ne te prive pas d’être heureux!

Je crois qu’il est nécessaire de publier ce texte envoyé par Jean cet hiver. J’y adhère totalement. En avançant dans la vie, nous ne pouvons qu’être en accord avec ce texte, car nous n’avons plus de temps à perdre en sagesse excessive et en ennui, et suivre les sentiers non balisés et escarpés devient vital…. certains diront que c’est « le tranquille égoïsme des bien portants »

Alors… ce sont doublement les vacances pour nous…les vacances de la vie surtout. Profitez-en bien

A propos du poème: Certains attribuent ce poème à Martha Madeiros

Mais voici un commentaire moins sympathique mais peut-être justifié que je vous invite à lire ici car il est d’importance:

 hoax dans Poésie

Muere lentamente « hoax littéraire »  et canular

Les moyens de communication et leur fin furent un sujet qui interpela Neruda, comme on peut le voir dans Fin de monde (1969) :

Le poète n’a pas connu Internet, né quelques années après sa mort. Il n’a pas connu non plus la populaire invention de Timothy John Berners Lee (World Wide Web), ni ses effets pervers dans la diffusion des idées.

Il meurt lentement est une poésie triviale, vaguement New Age, dans la ligne de ce que les québécois appellent «Bouillon de Poulet pour l’âme».

Il s’agit de textes qui réchauffent le cœur et remontent le moral.

Le poème en question est un texte poétique qui s’est transformé, emporté dans un « hoax littéraire » de ce début de XXIe siècle.

Un « hoax » est une fausse information, non vérifiable, propagée spontanément par les internautes.

Ces textes existent surtout sous forme de courrier électronique, ou de message sur des forums Internet. Ils encouragent les destinataires à les renvoyer à leurs contacts, ce qui crée une réaction « boule de neige ».

L’original « A Morte Devagar », a été publié le premier Novembre 2000 (la veille du Jour de Commémoration des fidèles défunts, fête des morts chrétienne) sur la page Web brésilienne Bacaninha, sous la signature de Martha Medeiros.

On peut supposer que c’est l’auteur en personne qui l’a mis en ligne.

Le texte a commencé à circuler sur Internet au moyen du système de « Chaînes de Lettres », en tant que poème de Pablo Neruda, atteignant une diffusion inespérée.

Si vous cherchez sur Internet « Muere lentamente », Neruda vous trouverez : avec Google un total de 23 600 réponses, avec AltaVista 132.000 résultats, avec Yahoo 132.000, et avec MSN Chercheur de Microsoft 24.100 résultats.

En raison des caractéristiques de la propagation des messages sur Internet, le faux texte de Neruda a eu des traductions multiples et une diffusion planétaire.

Et ce, malgré les protestations et les réclamations de nerudistes de plusieurs pays.

Le texte a poursuivi sa cyber existence et connut une propagation dans le Cyberespace.

La plaisanterie et sa mystification sont allés très loin, comme peut l’illustrer la fâcheuse posture dans laquelle s’est trouvée le Sénateur et Ministre Italien de la justice Clemente Mastella.

En effet, ce dernier a lu ce texte publiquement en pensant que l’auteur était Pablo Neruda, ce qui provoqua une polémique en Italie, et motiva une réponse de l’éditeur italien de Neruda, Stefano Passigli.

Au début de l’année, c’est-à-dire huit ans plus tard, l’auteur a appelé la Fondation Neruda à Santiago du Chili pour éclaircir le sujet et pour réclamer la maternité du texte en question et pour mettre fin à l’histoire.

Le poème et son auteur ont été -semble-t-il- les seuls bénéficiaires de cette affaire, qui fut l’occasion du canular littéraire le plus répandu sur Internet en ce début de siècle.

« La vérité ‘est qu’il n’y a pas de vérité » – Pablo Neruda

 
 

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