Il y a 100 ans naissait Albert Camus

Posté par ENO filles le 13 novembre 2013

 

Le grand silence camusien

Un Message de Zab, le revenant (c’est normal après Halloween)

« dimanche 10 novembre 2013 – C’était le centenaire de la naissance d’Albert Camus, voici quelques jours. Le prétexte à une empoignade sordide entre divers intervenants aux intentions peu claires, le tout surmonté d’une béchamel politicienne bien préparée pour soulever le cœur à des congolais faméliques.

Il faut savoir d’abord que Camus est de nos jours le philosophe le plus lu dans le monde. Très populaire dans les pays anglo-saxons, les textes de Camus sont étudiés dans un certain nombre d’utilisateurs universités US,  comme c’est le cas à Rutgers par ex., où j’eus la…… chance d’assister à un cours d »anfi » (?) »

Régis réclame un hommage à notre célèbre compatriote. Il a raison.  OK, j’en serai. Je ne suis qu’une petite bloggeuse anonyme mais au moins ce sera un rappel pour mes lecteurs assidus ou occasionnels.

En recherchant mes livres je me suis aperçue qu’aucun n’était annoté comme le sont tous les autres de ma bibliothèque. Je l’avoue, je n’ai pas retrouvé beaucoup de résonnance dans les livres de Camus à l’époque où je les ai lus. Mais il n’est pas trop tard. C’est l’occasion ou jamais. En attendant je me contenterai d’adresser ici un hommage à l’écrivain et au poète.

Certains ont dit qu’il était le philosophe des Terminales. C’est très réducteur certes mais en même temps ceci prouve qu’il est incontournable dans le bagage philosophique des bacheliers.

Si j’ai longtemps partagé son utopie sur le bonheur des hommes , surtout dans ma jeunesse, la période où tous les rêves sont permis, la vie s’est chargée de me démontrer qu’il faut, sans doute y croire, et agir… pour pouvoir apporter sa modeste pierre à cette construction imaginaire dont la fragilité est démontrée chaque jour.

Quant à son rêve d’humanisme, chacun garde le même, enfoui au fond, tout au fond de lui, avec l’espoir que tout homme aura un jour droit au bonheur et a sa part de gâteau. Mais personne ne sait comment faire. Je suis trop petite pour mettre en œuvre ce magnifique rêve.

« Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser. » Albert Camus – extrait de La peste 

Il y a 100 ans, donc, le 7 Novembre 1913, naissait Albert Camus à Mondovi(Algérie).

Je ne connais hélas pas grand-chose de ce pays où je suis née pour en avoir conservé en mémoire les merveilleuses images que Camus évoque avec passion dans son œuvre. Pour moi, les régions d’enfance de ma famille, le Pays Basque, la Corse et surtout la Provence, sa chaleur, ses couleurs, sont ancrées dans mes gènes et l’Algérie s’est limitée à ma ville, Oran, et quelques villages autour, jusqu’à Alger, où résidaient également des membres de ma famille.

Loin des polémiques, les faits montrent combien ce Pied-Noir d’origine modeste a su devenir un génie littéraire et un penseur universel.

A ce sujet, la simple pose d’une plaque commémorative peut prendre l’allure d’un mauvais roman….

Voir « La maison d’Albert Camus dans son village natal est sauvée » : communication qui en avait été faite en Février 2012.

Il avait été l’enfant pauvre d’un misérable faubourg d’Alger.

Dans le Paris de l’après-guerre, il fut l’homme couvert de femmes et de succès.

Sa mort accidentelle a fait de lui un mythe.

Sartre et sa bande de penseurs du Flore, au cœur des vanités de Saint-Germain-des-Prés,  n’ont pu l’empêcher de s’imposer comme un maître.

Ce qui a animé sa vie et son œuvre était tout autre chose : sa volonté de rester fidèle aux « humiliés » parmi lesquels il avait vécu.

Pour lui la  lumière incomparable de l’Algérie s’apparente sous sa plume au jardin d’Eden.

Toute sa vie il en restera imprégné. Elle irradie son œuvre et nourrit sa pensée.

« J’ai commencé dira-t-il par la plénitude. »

Ensuite, la vie  s’est chargée de lui faire connaître la guerre, la révolte et la haine.

«  J’ai grandi dans la mer et la pauvreté m’a été fastueuse, puis j’ai perdu la mer, tous les luxes m’ont alors paru gris, la misère intolérable«  

Reporter, journaliste, chroniqueur judiciaire, politique résistant, essayiste, malgré les succès et les décorations officielles,  il n’a voulu ignorer aucune servitude de l’époque.

Il a été tenté par l’espoir de transformer le monde en imaginant la  justice et un bonheur « significatif » pour des « peuples encombrés par les malheurs du temps ».

Les communistes le disaient réactionnaire et les réactionnaires le disaient communiste.

Lui, prétendait  » essayer simplement d’être un homme« .

S’il avait de la tendresse pour  » les petits blancs  » qui avaient fait surgir l’Algérie du désert, il avait la conviction que « la civilisation réside dans l’art de fixer des limites au désir de l’homme, pour le faire échapper à une hypertension du moi qui condamne à l’autodestruction toute société. »

La vertu toute simple que nous propose Camus, comme sésame au seuil d’un siècle repu, adonné à la recherche du bien- être, et prêt à tous les compromis pour que rien n’empêche la progression inlassable des biens matériels, c’est « la force de caractère« , celle qui nait de l’alliance de l’énergie à la loyauté (…)

Les Français d’Algérie rendent un hommage à Camus l’écrivain qui a si bien décrit l’Algérie de leur enfance.

 

PLUS D’INFOS

FICHE ECRIVAIN

Nom de naissance:     Albert Camus

Activités: Philosophe, moraliste, romancier, dramaturge, essayiste, nouvelliste, journaliste

Naissance: 7 novembre 1913

Mondovi (Algérie française)

Décès: 4 janvier 1960 (à 46 ans)

Villeblevin (France)

Genres: Roman, théâtre, essai, nouvelle

Distinctions: Prix Nobel de littérature en 1957

 

OEUVRES

Révolte dans les Asturies (1936)
L’Envers et l’Endroit (1937), essai
Noces (1939), recueil d’essais
Le Mythe de Sisyphe (1942), essai sur l’absurde
L’Etranger (1942), roman
Le Malentendu (1944), pièce en 3 actes
Caligula (1945), pièce en 4 actes
La Peste (1947), roman
L’Etat de siège (1948) théâtre
Les Justes (1949), pièce en 5 actes
L’Homme révolté (1951), essai
La Chute (1956), roman
L’Exil et le Royaume (1957), recueil de nouvelles
La Mort heureuse (1971), roman
Le Premier Homme (1994), roman inachevé publié par sa fille.

ADAPTATIONS

Requiem pour une nonne, adapté de William Faulkner, théâtre

 Les Possédés, adapté de Dostoïevski, théâtre

Le chevalier d’Olmedo adapté de Lope de Vega, théâtre

JOURNAUX DE VOYAGE

LETTRES A UN AMI ALLEMAND

CORRESPONDANCE AVEC JEAN GRENIER

CORRESPONDANCE RENE CHAR 1946-1959

CHRONIQUES 1944-1948

CHRONIQUES 1948-1953

FRAGMENTS D’UN COMBAT, articles

CHRONIQUE ALGERIENNE 1939-1958

DISCOURS DE SUEDE, 1957

Le roman « L’Etranger » et l’essai « Le Mythe de Sisyphe » appartiennent au « cycle de l’absurde » qui sera ensuite complété par les pièces de théâtre « Le Malentendu » et « Caligula ».
Avec son roman « La Peste » (1947), Camus inaugure « le cycle de la révolte » qui explore le thème de l’engagement. Dans ce cycle s’inscrivent également L’Etat de siège (1948), les Justes (1949) et l’Homme révolté (1951).

A l’occasion du 50ème anniversaire de la mort d’Albert Camus, plusieurs ouvrages (biographies, dictionnaire, album souvenir) avaient invité le public redécouvrir l’homme et l’écrivain.
• le Dictionnaire Albert Camus dans la collection « Bouquins » (Robert Laffont)
• un album de photos et de souvenirs publié par sa fille Catherine Camus : Albert Camus, solitaire, solidaire (Michel Laffont)
• les biographies Albert Camus : fils d’Alger d’Alain Vircondelet (Fayard) et Albert Camus, une vie d’Olivier Todd (Folio).

BIOGRAPHIE (Source : Wikipédia)

Albert Camus, né le 7 novembre 1913 à Mondovi, à proximité de Bône (actuellement Annaba), dans le département de Constantine (depuis 1962, Dréan dans la willaya d’El Taref), en Algérie française, et mort le 4 janvier 1960 à Villeblevin, dans l’Yonne, est un écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français.

Il est aussi journaliste militant engagé dans la Résistance française et dans les combats moraux de l’après-guerre.

Son œuvre comprend des pièces de théâtre, des romans, des nouvelles, des films, des poèmes et des essais dans lesquels il développe un humanisme fondé sur la prise de conscience de l’absurdité de la condition humaine mais aussi sur la révolte comme réponse à l’absurde, révolte qui conduit à l’action et donne un sens au monde et à l’existence, et « alors naît la joie étrange qui aide à vivre et mourir »

Sa critique du totalitarisme soviétique lui vaut les anathèmes des communistes et conduit à la brouille avec Jean-Paul Sartre.

Il reçoit le Prix Nobel de littérature en 1957, sa réputation et son influence restent grandes dans le monde.

Selon Bertrand Poirot-Delpech, les essais sur son œuvre ont abondé juste après sa mort, tandis qu’on rendait très peu compte de sa vie.

Les premières biographies ne sont apparues que dix-huit ans après sa mort.

Parmi celles-ci, la plus impressionnante est celle de Herbert R. Lottman, un journaliste américain observateur de la littérature européenne pour The New York Times et le Publishers Weekly

Dans le journal « Combat », ses prises de position sont audacieuses, aussi bien sur la question de l’Algérie que sur ses rapports avec le Parti communiste français, qu’il quitte après un court passage de deux ans

Camus est d’abord témoin de son temps, intransigeant, refusant toute compromission ; il est ainsi amené à s’opposer à Sartre et à se brouiller avec d’anciens amis.

D’après Herbert R. Lottman, Camus n’appartient à aucune famille politique déterminée, bien qu’il ait été adhérent au Parti communiste algérien pendant deux ans.

Il ne se dérobe cependant devant aucun combat : il proteste successivement contre les inégalités qui frappent les musulmans d’Afrique du Nord, puis contre la caricature du pied-noir exploiteur.

Il va au secours des espagnols exilés antifascistes, des victimes du stalinisme, des objecteurs de conscience.

Après cette immersion dans ce monde de ma jeunesse, il ne me reste plus qu’à replonger dans ces livres retrouvés dans ma Bibliothèque et, étant donné mon âge actuel, je pense y trouver out ce qui m’avait échappé à l’époque.

Je vous invite à faire de même.

Ci-dessous quelques images tirées du superbe magazine hors-série Le Figaro que j’avais acheté en 2010.

L'écriture, la révolte, la nostalgie

 ANCIEN ARTICLE SUR LE BLOG

Lors de notre visite au cimetière de Lourmarin du 1er juin 2009

Visite du cimetière de LourmarinIl y a 100 ans naissait Albert Camus dans 2013 2009.05.31-avignon-vinon-196-300x2252009.05.31-avignon-vinon-198-300x225 Albert Camus dans Algérie

 

Textes de Camus

  »Travailler et créer « pour rien », sculpter dans l’argile, savoir que sa création n’a pas d’avenir, voir son œuvre détruite en un jour en étant conscient, que profondément, cela n’a pas plus d’importance que de bâtir pour des siècles, c’est la sagesse difficile que la pensée absurde autorise. Mener de front ces deux tâches, nier d’un côté et exalter de l’autre, c’est la voie qui s’ouvre au créateur absurde. Il doit donner au vide ses couleurs. »

L’absurde naît de la confrontation de l’appel humain avec le silence déraisonnable du monde. »

« Les symphonies de la nature ne connaissent pas de point d’orgue.

Il y a une solitude dans la pauvreté, mais une solitude qui rend son prix à chaque chose.

Le monde n’est jamais silencieux ; son mutisme même répète éternellement les mêmes notes, selon les vibrations qui nous échappent. »

« Nous finissons toujours par avoir le visage de nos vérités. »
Extrait
(…) L’une des seules positions philosophiques cohérentes, c’est ainsi la révolte. Elle est un « confrontement » perpétuel de l’homme et de sa propre obscurité. Elle est exigence d’une impossible transparence. Elle remet le monde en question à chacune de ses secondes. De même que le danger fournit à l’homme l’irremplaçable occasion de la saisir, de même la révolte métaphysique étend la conscience tout le long de l’expérience. Elle est cette présence constante de l’homme à lui-même. Elle n’est pas aspiration, elle est sans espoir. Cette révolte n’est que l’assurance d’un destin écrasant, moins la résignation qui devrait l’accompagner.
C’est ici qu’on voit à quel point l’expérience absurde s’éloigne du suicide. On peut croire que le suicide suit la révolte. Mais à tort. Car il ne figure pas son aboutissement logique. Il est exactement son contraire, par le consentement qu’il suppose. Le suicide, comme le saut, est l’acceptation à sa limite. Tout est consommé, l’homme rentre dans son histoire essentielle. Son avenir, son seul et terrible avenir, il le discerne et s’y précipite. A sa manière, le suicide résout l’absurde. Il l’entraîne dans la même mort. Mais je sais que pour se maintenir, l’absurde ne peut se résoudre. Il échappe au suicide, dans la mesure où il est en même temps conscience et refus de la mort. Il est, à l’extrême pointe de la dernière pensée du condamné à mort, ce cordon de soulier qu’en dépit de tout il aperçoit à quelques mètres, au bord même de sa chute vertigineuse. Le contraire du suicidé, précisément, c’est le condamné à mort.
Cette révolte donne son prix à la vie. Étendue sur toute la longueur d’une existence, elle lui restitue sa grandeur. Pour un homme sans oeillères, il n’est pas de plus beau spectacle que celui de l’intelligence aux prises avec une réalité qui le dépasse. Le spectacle de l’orgueil humain est inégalable. Toutes les dépréciations n’y feront rien. Cette discipline que l’esprit se dicte à lui-même, cette volonté forgée de toutes pièces, ce face à face, ont quelque chose de puisant et de singulier. Appauvrir cette réalité dont l’inhumanité fait la grandeur de l’homme, c’est du même coup l’appauvrir lui-même. Je comprends alors pourquoi les doctrines qui m’expliquent tout m’affaiblissent en même temps. Elles me déchargent du poids de ma propre vie et il faut bien pourtant que je le porte seul. A ce tournant, je ne puis concevoir qu’une métaphysique sceptique aille s’allier à une morale du renoncement.
Conscience et révolte, ces refus sont le contraire du renoncement. Tout ce qu’il y a d’irréductible et de passionné dans un cœur humain les anime au contraire de sa vie. Il s’agit de mourir irréconcilié et non pas de plein gré. Le suicide est une méconnaissance. L’homme absurde ne peut que tout épuiser, et s’épuiser. L’absurde est sa tension la plus extrême, celle qu’il maintient constamment d’un effort solitaire, car il sait que dans cette conscience et dans cette révolte au jour le jour, il témoigne de sa seule vérité qui est le défi. Ceci est une première conséquence. (…)

2009.05.31-avignon-vinon-195c-signat Algérie dans Livres


 

 

 

   

 

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