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Ce que le jour doit à la nuit

Posté par ENO filles le 11 septembre 2012

Ce que le jour doit à la nuit

Style Drame / Guerre / Historique / Romance

SORTIE CE MERCREDI 12 SEPTEMBRE

Le mardi 21 aout j’ai assisté à l’ avant-première de  « Ce que le jour doit à la nuit » en présence du réalisateur Alexandre Arcady et des remarquables comédiens : les jeunes et charmants Fu’ad Aït Aattou et Nora Arnezeder ainsi que Mathieu Boujenah. Manquaient à l’appel Anne Parillaud et Vincent Perez, Anne Consigny et Fellag. Dommage !

Quelques images de l’équipe du film, sur le vif.

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IMPORTANT!

On n’a pas toujours envie de découvrir un film avant sa présentation. Donc pour ceux qui sont dans ce cas, zappez cet article. Pour les autres, et bien, si ce film dont on parle partout vous intéresse, lisez.

Ici vous trouverez un certain nombres de commentaires des personnes proches du film et un entretien entre le réalisateur et l’écrivain.

Pour les appréciations, elles n’engagent que moi et mon ressenti au premier visionnage. Mais ce film touchant à mes racines, je pense aller le revoir à sa sortie tout public pour mieux comprendre.

J’ai longuement hésité à écrire cet article qui n’est pas dans l’esprit de mon blog. Mais après tout !

Ce film m’a laissé une impression indéfinissable en tant que Française d’Algérie, née à Oran comme Alexandre A. et ayant quitté la ville à 20 ans (15 pour Alexandre A.):

- Un mélange des époques qui m’a un peu gênée bien que sans doute nécessaire pour simplifier l’histoire et satisfaire aux exigences du cinéma.

Mes parents se sont mariés en  1939, début de l’histoire et les photos que j’en ai sont très différentes. L’époque des copains, je l’ai connue et vécue , mais pendant mon adolescence avec sa période américaine et Elvis.

- Une vision de l’Algérie que je n’ai pas beaucoup connue. Je suis une citadine, fille de fonctionnaires et les quelques colons qui ont créé cette terre et s’y sont enrichis étaient très éloignés de moi. J’ai vécu une vie normale jusqu’à l’âge de 10 ans et la cohabitation de deux cultures était pour moi naturelle. Mes photos de classe en témoignent.

Ensuite les choses se sont gâtées. Le terrorisme est entré dans nos vies : fini les pique-nique sereins dans les bois, les promenades à travers les quartiers, à pieds et en voiture, etc. Le risque nous accompagnait partout. C’est ce qui fait que je n’ai jamais parcouru l’Algérie.

Certaines scènes ne vont pas dans le sens objectif de l’Histoire. Et comme les enfants, qui ne voient que les détails, je crains que les spectateurs non avertis ne les retiennent un peu trop.

Je m’arrête là.

 SYNOPSIS

Mais voici l’histoire que nous raconte l’écrivain algérien Yasmina Kadhra, mise en scène par Alexandre Arcady, Oranais comme moi.

Algérie, années 1930. Younes a 9 ans lorsqu’il est confié à son oncle pharmacien à Oran. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi les jeunes de Rio Salado dont il devient l’ami. Dans la bande, il y a Emilie, la fille dont tous sont amoureux. Entre Jonas et elle naîtra une grande histoire d’amour, qui sera bientôt troublée par sa mère jalouse et les conflits qui agitent le pays.

 

clic-ici colons

 

Il y a deux ans que j’ai ce livre à lire près de moi et je ne parviens pas à m’y mettre. Je ne sais toujours pas si je vais le faire. Je n’ai pas la nostalgie de ce pays. Je n’en garde que mes souvenirs personnels d’enfance et de jeunesse hélas perturbés par la guerre. Mais ma vraie vie a commencé en Métropole, berceau de ma famille.

 

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ACTEURS PRINCIPAUX

Émilie: NORA ARNEZEDER

Younes/Jonas: FU’AD AÏT AATTOU

Madame Cazenave ANNE PARILLAUD

Juan Rucillio: VINCENT PEREZ

Madeleine: ANNE CONSIGNY

Mohamed: FELLAG

Dédé: Mathieu Boujenah

Fabrice: NICOLAS GIRAUD

Jean-Christophe: OLIVIER BARTHÉLÉMY

Isabelle : MARINE VACTH

CE QUE J’EN PENSE

Certes Arcady a réalisé avec son cœur et son talent un film poignant sur une histoire d’amour à la fois touchante et dramatique qui s’est passée dans son pays natal mais qui aurait aussi bien pu se passer en France pendant la guerre de 40 ou dans tout autre pays en guerre. Un gout de déjà vu. De belles prises de vue qui malheureusement ne se sont pas passées sur la terre d’Algérie. Des acteurs qui portent le film. Une musique romantique à souhait  – Pour l’écouter en entier il faudra aller au cinéma ou acquérir le CD-

Si on s’attache à l’histoire rapportée par A.A., le drame de ces jeunes gens n’est pas du à l’affrontement de deux cultures ( un couple en est la représentation :  Anne Consigny et Fellag) mais à la jalousie d’une femme (Anne Parillaud) et à l’honnêteté et à la droiture d’un jeune garçon fidèle à la parole donnée.

UN PEU D’HISTOIRE

Ce roman d’une belle écriture très poétique, se passe en Algérie, sur un fond de guerre ou les Français ne sont pas vraiment montrés sous leur meilleur jour, bien qu’un riche colon (Vincent Perez, dans un beau rôle de composition) explique avec fierté que cette terre aride et inculte avait été domestiquée par ses ancêtres.

Mais alors, à qui appartenait donc cette terre. Aux premiers ou aux derniers occupants. Qui est né le premier, de l’œuf ou de la poule. Nous ne le savons pas.

Si mes quelques sources historiques sont exactes (il y en a tellement !):

-de 814 avant J.C. l’Algérie a été pendant 650 ans occupée par les Phéniciens Berbères - au passage, le jeune acteur Joe Fu’Ad Aït Attou a spontanément dit après la projection du film avant d’être gentiment repris, qu’il n’était pas vraiment concerné par ce pays puisque né d’un père berbère et d’une mère française-

- par les Romains pendant 575 ans

- par les Vandales pendant 104 ans

- par les Turcs pendant 113 ans

- puis par les Arabes pendant 872 ans en alternance avec les Berbères musulmans et les Turcs.

La terre d’Algérie n’appartenait donc pas uniquement aux Arabes mais me semble-t-il à tous ceux qui l’ont occupée et apprivoisée.

- C’est à cette époque que les Français ont suivi, poussés par la nécessité, avec les encouragements de leur dirigeants.

A cette époque, la vie en France étant rude et difficile. Les Français intéressés furent envoyés par le gouvernement dans cette terre aride et stérile occupée par à peine deux millions et demi de Berbères avec l’espoir de pouvoir faire vivre leur nombreuse famille sur une parcelle de terre bien à eux. La France avait promis des concessions. Et les a obtenues. Car, « selon le droit musulman, les terres incultes appartenaient aux premiers cultivants ».

L’état français a donc acquis par divers moyens ces parcelles incultes et les a données aux Français qui ont tenté l’aventure. D’autres pays dont l’Espagne ont suivi.

J’ai trouvé confirmation de ces explications dans le livre de notre amie Fabienne « La Terre promise » qui explique très bien et très simplement, documents à l’appui, cette période.

Mon grand-père, lui, y est venu en tant que militaire pendant la guerre et y est resté. Il ne possédait pas de terre. Il a tout acquis par son travail, sa générosité et ses talents divers. Mes parents étaient de modestes fonctionnaires. La colonisation, je n’ai pas bien connu.

« Tout le monde n’était pas colon, tout le monde n’avait pas une cravache contre ses bottes de seigneur; on n’avait même pas de bottes tout court, par endroits. Nous avions nos  pauvres et nos quartiers pauvres, nos laissés pour compte et nos gens de bonne volonté, nos petits artisans plis petits que les votres, et nous faisions souvent les mêmes prières. Pourquoi nous a-t-on tous mis dans le même sac? Pourquoi nous a-t-on fait porter le chapeau d’une poignée de féodaux? Pourquoi nous a-t-on fait croire que nous étions étrangers sur la terre qui a vu naitre nos pères, nos grands-pères et nos arrière-arrière- grands-pères, que nous étions des usurpateurs d’un pays que nous avons construit de nos mains et irrigué de notre sueur et de notre sang? … Tant qu’on n’aura pas la réponse, la blessure ne cicatrisera pas« -  Un extrait du livre de Yasmina Khadra qui m’a été transmis par un ami de là-bas. Merci Serge.

Entretiens croisés

entre Alexandre Arcady et Yasmina Khadra par Pierre Abou

Alexandre Arcady, comment avez-vous découvert le livre de Yasmina Khadra et qu’est-ce qui vous a donné envie de l’adapter ?

Alexandre Arcady – C’est en vacances à l’étranger il y a déjà maintenant trois ans, que j’ai eu connaissance du roman de Yasmina Khadra Ce que le jour doit à la nuit en lisant une critique dans un journal (…)

Alexandre Arcady – Il y a toujours une certaine nostalgie à évoquer la jeunesse. Sauf que là, hormis cet épilogue, on raconte l’histoire au présent. C’est un film dans le mouvement, dans la pulsion, dans la vie, dans la vérité, dans l’émotion et dans l’amour. On y voit des gens qui s’aiment, qui s’affrontent, qui rêvent, qui vivent en un mot (…)

Si vous ne deviez garder, l’un et l’autre, qu’un seul moment de toute cette aventure ?

A.A. – La découverte du roman !

Y.K. – La découverture du film

Tout lire ici:

fichier pdf Entretiens croisés par Pierre Abbou

Thé ou café du dimanche 09 septembre 2012 : Anne Parillaud parle de son rôle

the-ou-café guerre d'Algérie

 La suite aussi est intéressante. Ecoutez.

Projection du film à ALGER !!!

Avant-première mondiale du film « Ce que le jour doit à la nuit » à Alger

Présentation par AArcady

« … Après quelques projections pour la presse française, le film « Ce que le jour doit à la nuit » une adaptation éponyme (ce terme est employéau cinéma lorsque le scénario d’un film est inspiré d’un livre) du roman de l’écrivain Yasmina Khadra a d’abord été présenté à la presse algérienne vendredi 7 septembre puis projeté en avant-première mondiale, une présentation réservée aux officiels et aux professionnels du cinéma… ».

moi – Une présentation surprenante puisque l’Algérie avait précédemment refusé le tournage sur les lieux. Mais finalement je pense que ce film ne peut que plaire aux Algériens.

« … Cette projection a eu lieu en présence de la ministre de la Culture, Khalida Toumi, et d’autres membres du gouvernement et du corps diplomatique ainsi que de la ministre déléguée auprès du ministre français des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui, en visite de travail à Alger.
Le film adapté au cinéma par Daniel Saint-Amont et Blandine Stintzy représente pour son réalisateur, Alexandre Arcady, « une œuvre sur l’histoire de l’Algérie avec des regards croisés » qu’il souhaitait offrir au public à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance.
De sa rencontre avec l’œuvre de Yasmina Khadra, le réalisateur dit avoir tiré un récit de l’histoire de l’Algérie qui se veut « apaisant, avec un message de réconciliation et de fraternité ».

Moi – Mais peut-être pas totalement impartial. Ce ne fut pas mon impression au vu des images de la guerre en arrière-plan. Je vous laisse juge.
« … Pour sa part l’auteur du best seller « Ce que le jour doit à la nuit » confie avoir écrit ce roman pour raconter l’Algérie mais aussi « montrer les hommes face à l’adversité et à l’échec de l’amour ».

Après avoir présenté toute l’équipe du film, notamment les deux principaux acteurs Fu’ad Aït Aattou et Nora Arnezeder, et avoir lancé la projection, Alexandre Arcady a endossé le rôle du guide touristique en conviant toute l’équipe du film à une balade dans les rues de la ville qui l’a vu naître en 1947.

L’équipe du film a fait une halte devant le Théâtre national d’Alger, plusieurs anciennes salles de cinéma de la capitale, le Musée des arts moderne d’Alger ainsi que quelques immeubles et ruelles que fréquentait le réalisateur.

L’équipe du film est ensuite revenue pour être ovationnée par un public très nombreux qui a beaucoup apprécié le film qui ne sera disponible en salle en Algérie qu’au mois d’octobre prochain »

Bon film!

Samedi15 septembre:Je viens de tomber par hasard sur cette critique

du journal  El Watan2

« Le film Ce que le jour doit à la nuit du réalisateur Alexandre Arcady,adapté du roman de l’auteur algérien Yasmina Khadra, est projeté ce vendredi soir en avant-première à la salle El Mougar d’Alger. El Watan Week-End a vu le film lors d’une projection en France, voici notre critique.

Lundi 3 septembre 2012. Il y avait du beau monde au Gaumont Champs Elysées.  Il y en aura tout autant, et certainement, aujourd’hui, vendredi 7 septembre sur Alger.

Deux villes, un public identique (des Politiques, acteurs et autres invités bienheureux et sans doute quelques journalistes), et le nouveau film d’Alexandre Arcady, adaptation d’un roman à succès de l’écrivain algérien, Yasmina Khadra. 



Ce que le jour doit à la nuit, énième retour sur l’Algérie française, avant le 1er novembre 1954, bruit et fureurs de multiples clans pour (re)définir la liberté, et pivot narratif d’un film qui se veut lyrique sans être misérabiliste, juste sans être conciliant, et cinématographique sans être auteuriste (donc personnel).

Toujours cette histoire de visages juvéniles, amoureux transis, regards parfois durs et verbiage lâché sans concession.

Voir ce film, c’est se remémorer Le Coup du Sirocco ou bien Le Grand Carnaval, c’est flirter de nouveau avec les eighties où l’Algérie de Chadli (Troisième président algérien, ndlr) n’intéressait aucun cinéaste étranger, donc « obligé » de se retourner vers le Passé, moins pour comprendre l’état des lieux, que pour revivre un souvenir le temps d’une bobine.

Œuvres désuètes, amusantes, accent qui nous rappelle certaines choses et surtout une communauté montrée sans artefact car liée au propre quotidien d’Arcady.

Pourquoi le blâmer ? Pagnol en fit autant, mais avec tact et surtout sans s’apitoyer sur le premier degré qui bloque les niveaux de l’Histoire et donc de lecture.

Et là, cela devient embêtant.

Nostalgie et fantasme
Ce que le jour doit à la nuit ressemblerait à un bonbon dont on connaitrait déjà sa saveur, donc une aspirine qui fait passer temporairement le mal de crâne. Dieu sait que depuis cinquante années, la migraine est devenue un sacerdoce chez le peuple fennec et le cinéma a toujours été utilisé comme un aspirateur idéologique pour cerner cette période de « guerre sans nom ». On capte la poussière, elle rentre dans la machine mais rare sont les moments où le cinéaste daigne vouloir vider cette machine. Toujours ce grain nostalgique conservé quelque part et discrètement dans un coin du plan. Parce que « l’avenir est derrière eux et que le passé sera devant » (phrase lancée par le personnage principal), qu’Arcady sera toujours ce cinéaste de l’entre-deux, incapable d’assumer un désir, et préférant ne filmer que des fantasmes.

Souvenez-vous de Là-bas mon pays, ingénieuse proposition sur un territoire inconnu (l’Algérie contemporaine), et qui dégageait un corps impatient qui finissait par tomber, tel l’Icare incapable de « voir » son présent, trop affairé à jongler entre celui qui ne veut pas oublier et celui qui tente de s’adapter au changement. Triste double-face pour un cinéaste qui n’en finit plus d’étaler sa transparence par le prisme de mots joliment troussés, oubliant le cinéma dans tout ça ! Affaire de littérature et de théâtre, pas l’ombre d’un plan qui viendrait donner du liant à un récit qui méritait envolée, claque et autre lyrisme désordonné.

Ce que le jour doit à la nuit patine de ces absences, ancré dans un genre où tout est filmé sans esprit.
Godard aimait à dire que le spectateur levait la tête au Cinéma et la baissait face à la télévision. Arcady, à aucun moment, ne réussit à faire lever les esprits. Regrettable ! »

Lisez les commentaires sur cette page… Chacun sa manière de s’approprier l’Histoire. Le « pardon » des deux côtés n’est pas  pour demain.

Un extrait zahir16 … « L’histoire est passée par là  et de deux choses l’une; ou vous avez comme objectif un souci de vérité et alors c’est raté ou vous vouliez faire un divertissement alors pourquoi l’Algérie? le roman de Yasmina Khadra ne sort pas grandi dans cette affaire  lui qui a parlé de son roman comme une histoire d’un amour qui pouvait se passer dans n’importe quel pays (…)   »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans 2012, Algérie, Cinéma | 9 Commentaires »

 

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