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Amour, Palme d’or au dernier festival de Cannes

Posté par ENO filles le 25 octobre 2012

Pas grand monde dans la salle en ce mercredi 24 octobre après- midi, jour de sortie du film.               

Quelques personnes âgées seules, en couple ou parfois accompagnées d’une personne plus jeune.

Haneke rend bouleversant et indispensable « ce grand film-sarcophage », Palme d’or méritée au dernier festival de Cannes.

Avec Jean Louis Trintignant et Emmanuelle Riva.

 

Amour, Palme d'or au dernier festival de Cannes dans 2012 titre-diapo-300x198

 

Ce film, palme d’or au dernier Festival de Cannes au sujet douloureux, je m’apprêtais à le subir mais je ne voulais pas le rater. Et j’ai voulu le voir seule. Ce fut une épreuve pour moi. Mais à aucun moment je n’ai eu envie d’abandonner.

Affronter pendant deux heures la fin de vie d’une femme veillée et assistée par son mari à l’amour indestructible m’a ramenée à certaines épreuves que j’ai subies pendant plusieurs années auprès, non pas d’une seule, mais successivement de plusieurs personnes de ma famille, par amour et aussi par devoir, m’a bouleversée profondément.

Tout ce qui est montré dans ce film, je l’ai vécu, pas tout à fait de la même façon mais tout était presque pareil, jusqu’à la fin.

J’ai eu l’impression de revivre par bribes cette agonie abominable, cette déchéance de la condition humaine, sujet qui me ramène à la question que je me pose depuis de nombreuses années sur le sens de la vie.

C’est beau la vie… Si longtemps… La longue vie…

Mais c’est quoi la vie? C’est ça?

De simples albums-photos que l’on crée toute sa vie avec tendresse, que l’on feuillette de temps en temps avec un peu de nostalgie et qui peut-être disparaîtront avec nous! Ca prend tant de place et tant de temps, les souvenirs!

« Telle est la vie des hommes, quelques joies vite effacées par d’inoubliables chagrins » – Marcel Pagnol

« La vie ça finit toujours mal » écrivait Marcel Aymé.

Ecoutez Léo Ferré, « Avec le temps » ( je ne suis pas d’accord sur le dernier vers « avec le temps on n »aime plus » je n’oublie pas non plus les voix, les visages, les passions malgré le temps qui passe…et avec le temps tout ne s’en va pas c’est impossible. Je partage ce commentaire).

Quand Anne ne pourra plus s’exprimer que par quelques mots décousus et a peine compréhensibles on entendra, j’ai entendu: Maison… Argent… Vente… Partir… Grand-mère ces mots je les ai aussi entendus dans la bouche de mon parrain atteint d’aphasie après son AVC et dont la descente a duré plus de deux années.

LES REPLIQUES A RETENIR

« Rien de tel qu’une mémoire infaillible »

 » L’imagination et la réalité ont peu de choses en commun »

 » Votre inquiétude ne me sert à rien »

LES ACTEURS

Jean-Louis Trintignant (Et Dieu créa la femme) : «  je craignais qu’Amour » me fasse du mal »

Emmanuelle Riva (Hiroshima mon amour): « je craignais que cela me fasse du mal »

Isabelle Huppert : une sorte d’apparition, une présence quasi muette, déconcertante et déconcertée, impuissante auprès de ce couple que la vie a uni pour toujours. Mais

Qu’est-ce que l’amour devant une fin annoncée ?

Qu’est-ce que l’amour lorsque les gémissements de douleur exhalés par une bouche défaite l’emportent ?

Qu’est-ce que l’amour dès lors que tous les espoirs de communication s’effacent et que s’impose un geste ultime ? »

EN BREF

Le récit épuré d’un couple en huis clos. « Et quel couple ! Deux musiciens octogénaires, incarnés avec une bouleversante retenue par Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, voient s’approcher la mort et surtout la séparation, lorsqu’elle est victime d’un accident cérébral » 

L’HISTOIRE

«  Au retour du concert où ils ont applaudi un ancien élève à elle, Anne (Emmanuelle Riva) et Georges (Jean-Louis Trintignant), un couple d’octogénaires, trouvent la porte de leur appartement fracturée. Anne a peur mais Georges la rassure. Le lendemain matin, Anne est prise d’un malaise. C’est un AVC. Une longue descente vers la mort commence, qui durera un an environ, deux heures de cinéma. Deux heures sans plus sortir jamais de cet appartement où leur fille (Isabelle Huppert) vient les voir, où le pianiste de la première scène leur rend visite, où surtout le décor se transforme à mesure que la maladie d’Anne progresse. Face à elle, Georges est seul, avec tout son amour, avec tous leurs souvenirs, avec son impuissance, son désarroi devant les souffrances de la femme qui a partagé sa vie.

Retranché dans leur logement dont il expulse un à un les corps étrangers (fille à côté de la plaque, concierge curieuse, infirmière brusque et sans humanité -j’ai connu- ), Georges accompagne sa souffrance et l’empêche de se suicider.

Michael Haneke ne cache rien de leurs tourments, mais il s’arrête toujours à temps, « Amour » est une mécanique extraordinaire de précision, qui ne sollicite jamais l’émotion mais la fait naître naturellement, par la grâce de comédiens renversants d’humanité.

« Dans cet appartement bourgeois dont chaque recoin nous devient vite familier, où trône le piano à queue qui symbolise toute leur vie passée, leur amour tente de survivre à la lente désagrégation physique de la maladie. Chaque geste, chaque phrase, chaque regard, chaque son émis par l’autre devient à la fois un trésor à chérir, et un signe de la fragilité de leur lien, qu’ils croyaient indissoluble.

Les sonates de Schubert, les albums photos de jeunesse, la visite des proches (notamment quelques apparitions frappantes d’Isabelle Huppert), le rituel dérisoire des soins infirmiers : tout ce qui pourrait les rapprocher ne fait qu’accentuer la douleur de la perte imminente, et les pousser plus avant vers un abîme inéluctable.

MUSIQUES PRESENTES DANS LE FILM

Franz Schubert, mon compositeur préféré, celui que je me suis choisi pour mon départ.

- impromptu opus 90 – n°1

- impromptu opus 90 – n°3

Mais aussi Ludwig von Beethoven et sa « Bagatelle » qui me rappelle ma dernière leçon de piano.

 - bagatelle opus 126 – n°2

Johann Sebastian Bach, l’ incontournable

- Johann Sebastian Bach/ Ferruccio busoni – prélude choral « ich ruf zu dir, herr jesu christ« 

Amour – Bande annonce

 LE REALISATEUR

Avec « Amour », le réalisateur Michael Haneke a remporté sa deuxième Palme d’or, trois ans après « Le Ruban blanc ». « Un prix qui vient récompenser un film sur la fin de vie, d’une vie, d’un couple, d’un amour. Une partition quasi clinique, parfois éprouvante et toujours magistrale.

Le cinéaste austère que l’on dit « féru de grandes questions philosophiques (dénonciation de la violence, réflexion sur l’image, autopsie du mal) » a fait de ce récit humain et inhumain un film bouleversant et indispensable pour comprendre et apprendre à mieux aimer lorsque l’on est encore en mesure de le faire.

LA PETITE HISTOIRE

LE TOURNAGE

« Michael Haneke filme la progression de la déchéance en plans-séquences et se prémunit de l’obscénité grâce à quelques impératifs catégoriques : capter le temps de la lutte sous forme de caresses qui épousent la résurrection de souvenirs d’enfance (chanter « Sur le pont d’Avignon », par exemple), saisir l’humiliation peinte sur le visage de Riva soudain soumise au port de couches plutôt que le fait en lui-même. La protéger – pudeur d’un regard exemplaire – lors d’une scène de douche. Le cinéaste, et on lui en sait gré, ne transforme pas pour autant Georges en saint. Anne refuse-t-elle de manger ? Il la gifle ».

- je n’étais pas une sainte non plus…. Mais cette réaction est inévitable lorsque l’on croit pouvoir à tout prix retenir à la vie la personne qui s’en va -

LE CADRE

« Les plans suivants détaillent les tableaux de l’appartement : paysages flamands où se perdent deux personnages minuscules. Puisque minuscules, face à l’échéance suprême, nous le sommes ou le serons tous. Riva et Trintignant servent, de leurs expériences de vie et d’acteur, les stations de ce chemin de croix, débarrassé de suspense (la séquence initiale du film correspond à son épilogue) et d’ordinaire dissimulé par nos sociétés, qui conduit à la nuit. Il est d’une précision, d’une intelligence, d’une lucidité atroces mais inouïs ».

LA MISE EN SCENE

« La mise en scène de Haneke emmure le spectateur avec les personnages, dans ce décor de studio hyperréaliste qui peut soudain se muer en espace de cauchemar, grâce à la fausse neutralité, très travaillée, de l’image de Darius Khondji.

Notre regard se fait aussi intrusif que la présence impromptue d’un pigeon qui s’introduit par une fenêtre.

Pour deux des plus grands acteurs du cinéma français, Haneke a composé une partition d’autant plus terrible qu’elle prend souvent le ton d’une sécheresse coupante, quasi clinique. C’est parfois éprouvant, toujours magistral ».

LA SUITE

Le film Amour du réalisateur Michael Haneke, déjà Palme d’or à Cannes cette année, sera en lice lors de la 85e cérémonie des Oscars qui se déroulera le 24 février 2013 à Los Angeles (Californie, Etats-Unis). C’est ce qu’a décidé l’Austrian Film Commission qui propose l’œuvre dans la catégorie « meilleur film en langue étrangère ». Et j’y crois!

LA CRITIQUE ***

http://cinema.nouvelobs.com/articles/21594-critique-avant-premiere-critiques-amour-eprouvant-et-immense

TéléCinéObs *****

d’une précision, d’une intelligence, d’une lucidité atroces mais inouïs. Par Sophie Grassin

C’est aussi mon avis.

Paris Match *****

« Amour » est un film essentiel, mais sachez-le, il ne vous fera pas du bien. Point final . Par Alain Spira

Pour le reste, je crois avoir tout dit.

* Mais il y a aussi les « contre » :

Voici les pires: * L’essentiel a été d’avoir participé

Télérama  * : Michael Haneke filme (…) des plaintes et des gémissements, mais, pas un instant, on ne comprend pourquoi (…) A quoi peut bien servir alors cet « Amour » qui en est si dépourvu ?

 » A quoi ça sert l’amour » chantait Edith Piaf?

Il est vrai que pour les égoïstes de cette génération individualiste et sans état d’âme, l’amour peut sembler absent dans cette histoire. Ils n’ont sans doute pas compris que tous ces sentiments mêlés peuvent ressembler à de la froideur.  Et puis la déchéance et la souffrance énervent. On préfère ne pas voir.

Et pour pouvoir agir parfois, mieux vaut s’endurcir en apparence car le coeur n’a pas toujours raison.

Figaro * : je n’ai pas pu accéder à la critique. Si vous la trouvez, communiquez-la moi.

Et chez les spectateurs : *

1. Très déçu, je m’attendais à être ému, mais le film laisse froid et énervé tant Haneke semble prendre plaisir à montrer la déchéance d’Emmanuelle Riva. Peu d’amour pour ses acteurs qui font ce qu’ils peuvent sous la direction du sévère maître d’école autrichien, qui nous apprend que la vieillesse est un naufrage. Scoop !!! Que ceux qui ne sont pas au courant aillent voir le film…

2.« La phase terminale d’un malade, la fin de vie » je ne souhaite pas rentrer dans un concours sinistre mais voilà juste la base ; connaissez-vous un couple de cet âge, plus de 80 ans, de culture artistique tous deux pianistes, avec un appartement bourgeois, du fric plein le portefeuille, bourré d’un fatras qui leur serve de refuge, une fille qui n’existe plus, trop encombrante avec sa vie personnelle qu’on éloigne de sa propre mère en totale végétation ; vivre et subir une telle histoire ? Bon avez-vous dans votre entourage des personnes atteintes d’hémiplégie, de la maladie d’Alzheimer ? Alors si oui vous souhaitez avant tout leur bonheur ou leur mort ? Pour cela l’un vous mettra entre les mains sérieuses de professionnels pour accompagner ces êtres humains malades qui ont plus besoin de réconfort physiques auprès d’une équipe médicale que de leur proches qui ne sont pas habitués à leur mettre des couches, les nourrir à la cuillère, surveiller leur hydratation ainsi monte la désespérance ou voilà comme ce mari qui étouffe sa femme qu’il aime c’est juste irréaliste pas possible dans le contexte du couple que nous propose Haneke. Je ne crois pas une minute que vous ayez visualisé ce long métrage et que vous ayez connaissance et des couples de plus de 80 ans et des problèmes liés à cet âge. Les personnes qui ont atteint cet âge recherchent le réconfort une prise en charge de leurs problèmes pas celui de tuer son conjoint pour les mêmes raisons qu’ils ne savent plus ou ne veulent plus « assurer » surtout leur vie, alors celle des autres dans le cas d’Amour je n’y crois absolument pas » 

3. Très mauvais: « Amour » est un film simple, élégamment mis en scène, mais très pesant, voire écrasant. De par son sujet premièrement -les derniers moments d’un vieux couple dont la femme est atteinte par la maladie, et par son découpage étouffant (plans séquences bonjour) et ses dialogues qui sonnent parfois faux (Emmanuelle Riva, dans la première moitié du film, semble ne pas avoir évoluée depuis « Hiroshima mon amour », alors qu’elle gagne en intensité dans la seconde moitié -quand elle se tait) et qui sont relativement pauvres (on y apprends que « la salière est vide », que « le robinet coule », bref, de formidables moments déployant des intrigues denses et résolues). Jean-Louis Trintignant est quand à lui très touchant. Malheureusement, le film, par son étalage froid des souffrances du couple (cela fait parfois très vitrine, parfois très cynique), est plutôt répugnant et empêche d’adhérer aux moments de tendresse de ce couple. La froideur clinique de Haneke est ici en totale contradiction avec son sujet. Qui plus est, la structure choisie par Haneke (le prologue du film est en fait l’épilogue de l’histoire) n’est d’aucune utilité: à quoi bon? Plat et froid, « Amour » est très ennuyeux et vide de toute émotion. Source: Plog Magazine, les Critiques des Ours.

Ces spectateurs n’ont rien dit sur leur âge et leur vécu et surtout sur leur sensibilité.

Pour le dernier, à la lecture des critiques de ce « Plog », je crois que nous n’avons pas les mêmes valeurs.

 » L’imagination et la réalité ont peu de choses en commun », cette réplique devrait les faire réfléchir

MON RESSENTI *****

Hyperréaliste. Deux merveilleux acteurs, bouleversants qui  humanisent ce spectacle Étouffant , Terrible, Emouvant, Immense.

On se sens un peu comme un intrus dans l’intimité de ce couple en totale symbiose dans cette vie, spectateur impuissant de cette lumière qui s’éteint.

A voir, si vous vous sentez concerné,

A ne pas voir, si la réalité vous fait peur. On préfère mettre « ses vieux » en maison de retraite, aux mains des « spécialistes ». Je préfère ne pas m’étendre sur ce sujet. 

J’ai versé pendant ce film toutes les larmes que j’ai retenues dans ma vie dans ces circonstances. 

ENTRETIEN AVEC JEAN-LOUIS TRINTIGNANT

Vous dites avoir mis fin à votre retraite des écrans et dit oui à Michael Haneke parce que vous adorez « Caché ». Haneke était vraiment le seul à pouvoir vous faire revenir ?
Oui. Je continuais à faire du théâtre mais j’avais prévu de ne plus faire de cinéma. Cela faisait 16 ans que je n’avais pas tourné, hormis un petit rôle dans le film de Samuel Benchetrit («Janis et John », ndlr) parce qu’il y avait ma fille.

Ce n’est pas votre première collaboration avec Haneke : vous aviez déjà fait le récitant pour la version française du « Ruban blanc ».
C’était au moment où nous préparions « Amour ». Un jour, la productrice (Margaret Ménégoz, ndlr) me dit être embêtée car Claude Rich, qui devait faire la voix-off, n’était plus libre. Je lui ai dit : « Je le fais si vous voulez ». Je pensais que ça nécessiterait 2 heures de studio ; ça nous a pris une semaine !

Quelle fut votre réaction en découvrant le scénario d’« Amour » ?
Je l’ai trouvé très beau mais je ne pensais pas accepter. Je me suis dit que c’était un film qui allait embêter les gens. Et puis je craignais que cela me fasse du mal. C’est une histoire de vieux alors ça me touche personnellement. La formidable Margaret Ménégoz m’a dit : « Vous avez raison mais si vous ne faites pas le film, vous irez encore plus mal ». A cette époque, je pensais beaucoup au suicide. « J’ai plus envie de me suicider que de faire un film », lui ai-je confié, ce à quoi elle m’a répondu : « Faites le film, vous vous suiciderez après ; je vous aiderai si vous voulez » (doux rire)

Vous avez demandé des changements ?
Non, pas du tout. On a tourné le scénario tel quel.

Le titre du film était déjà « Amour » ?
Au départ, ça s’appelait « Ces deux-là ». Ca ne me plaisait pas trop mais ce n’était pas grave, j’étais sûr que ce serait un beau film. Pendant le tournage, la productrice a proposé « Amour ». J’ai trouvé ça formidable, Haneke aussi, mais il y avait déjà un film qui s’appelait ainsi. Or, il faut attendre 15 ans avant de pouvoir réutiliser un titre de film et ils n’étaient pas encore passés. On s’est renseignés : c’était un film porno !

« Amour » plutôt que « Ces deux-là », ça change totalement la perception du film !
C’est vrai.

Qu’avez-vous donné à Haneke et que vous a-t-il pris ?
Je ne sais pas si je lui ai donné grand-chose mais lui m’a apporté beaucoup. C’est un metteur en scène extraordinaire, peut-être le plus grand en ce moment. Il est très exigeant et il a une connaissance du cinéma incroyable, dans tous les domaines : son, image, direction d’acteurs, scénario… On filmait en virtuel, sans pellicule. Au lieu de répéter, Haneke nous disait « On tourne ; je ne m’en servirai peut-être pas mais ça ne coûte rien ». Il est très directif et autoritaire. Un jour sur une scène importante que j’avais particulièrement travaillée, il m’a demandé : « Si je ne vous donne pas d’explications, comment la joueriez-vous ? » Il m’a écouté puis m’a dit : « C’est pas mal mais ce n’est pas du tout ça ». Il n’y avait pas à discuter. De toute façon, je crois que lorsqu’on joue au cinéma, contrairement au théâtre, il ne faut pas trop travailler, avoir des idées précises. Il faut se laisser faire par le metteur en scène. Lui a une vue d’ensemble ; moi, je voulais défendre mon personnage. « On s’en fiche de votre personnage, m’a dit Haneke, ce qui compte, c’est le film ». Et il avait raison. Si j’avais joué à ma façon, j’aurais été moins dur. J’ai une tendresse un peu gnangnan alors qu’il y a une certaine froideur chez Haneke. Par exemple, il ne voulait absolument pas que l’on pleure. Une fois, Emmanuelle Riva s’est trouvée débordée par l’émotion ; il a tout de suite coupé : « Pas de larme, pas de larme »

Dans votre livre de conversation avec André Asséo, « Du Côté d’Uzès » (éd. Le Cherche-Midi), vous dites avoir un côté protestant…
C’est vrai ; je suis cévenol. Je ne suis pas protestant, j’ai reçu une éducation catholique, mais je me sens plus proche des protestants. Je préfère leur froideur.

Cela expliquerait votre attirance pour le cinéma rigoriste d’Haneke…
En effet. On s’est vu quelques fois avant de tourner, on parlait du cinéma et de tas d’autres choses ; je n’ai jamais rencontré de metteur en scène dont les idées me parlent autant. Pour mon premier rôle au cinéma, dans « Si tous les gars du monde », j’étais dirigé par Christian-Jaque. Il y avait une scène où mon personnage attendait. Première prise : je ne fais rien, j’attends… Et là, Christian-Jaque me saute dessus, agressif : « Comment voulez-vous qu’on comprenne que vous attendez ? Il faut que vous regardiez votre montre, que vous trépigniez ». Tout le contraire d’Haneke. « Ce n’est jamais l’acteur qui doit montrer, dit-il, mais la caméra qui doit surprendre son émotion ». Il suffit d’être plein de la situation.

A ce sujet, vous dîtes vous sentir plus proche de De Niro que de Pacino.
Pacino est un acteur expressionniste qui prend le rôle par l’extérieur, il surjoue un peu les scènes. De Niro, c’est drôlement mieux. On joue toujours trop au cinéma. J’aimais beaucoup Bogart aussi, il avait une façon de ne pas jouer. Tout comme cet acteur avec lequel j’ai tourné « Regarde les hommes tomber »… Jean Yanne. J’aurais voulu être ami avec Jean Yanne. J’ai essayé de le percer mais je ne l’intéressais pas du tout. Il était un peu sauvage, il parlait beaucoup de fric… mais de façon intelligente.

Etes-vous croyant ?
Croyant mais pas pratiquant.

Donc adepte du pari de Pascal ?
Je ne savais pas ce que c’était avant de tourner « Ma nuit chez Maud ». Rohmer m’a expliqué – ou j’ai cru comprendre – qu’il y avait une chance sur 1000 que Dieu existe et que, selon Pascal, il valait mieux vivre cette chance qui était plus belle que les 999 autres. Cette idée me plaît beaucoup.

Vous nourrissez toujours le rêve d’interpréter « le Roi Lear » sur les planches ?
Non. Je l’ai raté, c’est trop tard. Puis Piccoli a récemment fait un bien meilleur roi Lear que celui que j’aurais été. Lui a gardé une âme d’enfant, or le personnage de Lear est très naïf, enfantin, émerveillé. J’aime son amour pour… comment s’appelle-t-elle… la seule de ses filles qui n’essaye pas de lui plaire (Cordelia, ndlr).

A vos débuts, quand vous êtes entré à l’IDHEC, vous vouliez être acteur de théâtre et réalisateur de cinéma – vous avez même étudié à l’IDHEC (la FEMIS d’alors, ndlr).
Je me suis toujours davantage senti acteur de théâtre qu’acteur de cinéma. Peut-être parce qu’au théâtre, je ne me vois pas. Alors qu’au cinéma, je me dis toujours que ça pourrait être mieux.

Vous avez voulu arrêter le cinéma à plusieurs reprises durant votre carrière pour embrasser un autre métier. Après la guerre d’Algérie, vous avez tenté de devenir photographe.
J’ai été photographe, j’ai même travaillé pour L’Express pendant deux ans. Je ne me sentais pas d’être comédien je trouvais ça trop impudique. Et puis un vieux metteur en scène, Maurice Jacquemont, m’a dit qu’il voulait monter « Hamlet » avec moi, qu’on travaillerait le rôle sans jouer la pièce. Ce que l’on a fait presque tous les jours. Au bout d’un an, il me dit qu’il monte la pièce en extérieur, à Troyes je crois. Je l’ai fait, c’était bien et je l’ai joué épisodiquement pendant dix ans, en France et à l’étranger – parallèlement au cinéma que j’avais repris. A Paris, ce fut un échec. Les critiques disaient que j’avais l’air de m’en foutre. Je ne m’en foutais pas du tout mais je n’extériorisais pas. Je pensais que l’on pouvait jouer au théâtre comme au cinéma, sans forcément s’adresser aux spectateurs du fond.

A la fin des années 1970, vous avez tout plaqué pour faire de la course automobile.
J’ai d’abord couru en parallèle à ma carrière d’acteur. Je n’étais pas très bon mais je pensais que c’était par crainte d’avoir un accident et de mettre en péril les tournages pour lesquels j’avais signés. J’ai donc arrêté de faire l’acteur… mais je ne suis pas devenu un meilleur pilote !

Vous avez réalisé deux films très surprenants, notamment « Une journée bien remplie » avec Jacques Dufilho. Un film sur la mort et la paternité plein d’humour noir, dans un esprit proche de Jean-Pierre Mocky.
Je n’aime pas trop Jean-Pierre Mocky. Mon second film était aussi un peu décalé. J’avais trouvé un titre qui lui allait bien : « les Poissons détestent le vendredi ». Le distributeur croyait que je plaisantais et on l’a appelé « le Maître-nageur ». Les gens qui y sont allés croyaient sûrement voir un film boulevardier à la Jean Girault.

Pourquoi ne pas avoir réalisé davantage ?
Parce que mes deux films n’ont pas marché. Je devais en faire un troisième ; ça s’appelait « Un bateau à la campagne ». J’avais un producteur, j’avais l’argent mais j’avais aussi beaucoup de propositions comme acteur. Mettre en scène demande beaucoup d’énergie. Je m’étais dit que j’y reviendrai plus tard et je ne l’ai jamais fait.

Dans les années 1960 et 1970, vous tourniez presque autant en France qu’en Italie.
J’ai joué dans une trentaine de films en Italie mais jamais avec ma voix. Ca reste une frustration. Les Italiens doublent pas mal mais ce n’est pas pareil. J’ai moi-même fait du doublage, notamment la voix française de Jack Nicholson dans « Shining ». Un gros boulot. J’avais dû faire des essais et Kubrick m’a choisi au son de ma voix, sans savoir qui j’étais.

Vous l’avez rencontré ?
Non. Mais Michel Deville, qui supervisait le doublage, parlait tous les soirs avec lui par téléphone. C’est difficile le doublage, surtout sur un film de Kubrick où, parfois, le montage ne raccorde pas. On ne s’en rend pas compte quand on voit le film mais à doubler, c’est coton. Et puis j’aime bien Nicholson mais c’est un acteur très extraverti, pas comme moi.

AU BOX OFFICE

Michael Haneke devance « Stars 80 » de Frédéric Forestier et Thomas Langmann.

Michael Haneke et son film « Amour » étonnent cette semaine en se classant en tête des démarrages parisiens : 1968 entrées dans 22 salles. Fort de sa Palme d’or au dernier Festival de Cannes, le film prend ainsi l’ascendant sur « Stars 80 » de Frédéric Forestier et Thomas Langmann, qui comptabilise 1528 entrées pour 18 copies.

A la troisième place, on trouve le film d’animation français « Le Jour des corneilles », de Jean-Christophe Dessaint, avec 517 spectateurs dans 11 salles parisiennes.

A sa suite, le documentaire « Traviata Et Nous » de Philippe Béziat enregistre 280 entrées pour 10 salles.

« Into the Abyss », le documentaire de Werner Herzog, a rassemblé 71 personnes dans une seule salle, enregistrant donc un taux de fréquentation dépassant largement celui du « Jour des Corneilles » et « Traviata Et Nous ».

MES SOURCES

cineobs-logo-300x85 24 octobre 2012 dans Cinéma

 

LA SUITE

C’EST BIEN PARTI

Amour » de Michael Haneke remporte le Golden Globe du meilleur film étranger

Le réalisateur autrichien d’ »Amour », Michael Haneke, a remporté le 13 janvier 2013 le Golden Globe du meilleur film étranger à Beverly Hills (Californie).

Amour semble bien parti pour les Oscars. Le film autrichien de Michael Haneke a remporté dans la soirée du dimanche 13 janvier, à Beverly Hills, le Golden Globe du meilleur film étranger face notamment aux films français Intouchables et De rouille et d’os.

Cette 70e cérémonie des Golden Globes, sorte de répétition générale avant les Oscars à la fin du mois de février, a décerné le titre de meilleur film dramatique à Argo, de Ben Affleck, qui raconte le sauvetage de diplomates américains exfiltrés d’Iran après la révolution islamique de 1979. L’acteur, qui joue dans son film, obtient également le trophée du meilleur réalisateur, soufflant la précieuse statuette à Quentin Tarantino pour Django Unchained et à Steven Spielberg pour Lincoln.

Haneke : « Sans eux, je ne serais pas là »

Le réalisateur autrichien d’Amour, Michael Haneke, a reçu son trophée des mains d’Arnold Schwarzenegger. « Jamais je n’aurais pensé recevoir un prix hollywoodien des mains d’un autre Autrichien », a-t-il lancé en référence aux origines de Schwarzie. Très ému, Michael Haneke a remercié son équipe et notamment les acteurs principaux de son film, qui raconte l’amour unissant un couple d’octogénaires mis à rude épreuve par la maladie : Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva. « Sans eux, je ne serais pas là », a lancé Michael Haneke sur la scène du Beverly Hilton. « Le Golden Globe est pour ces acteurs incroyables », a-t-il ajouté.

La présence d’Amour dans cinq catégories pour les Oscars est sans conteste la grande surprise de cette année. Outre sa nomination, pour l’Autriche, à l’Oscar du meilleur film étranger, la Palme d’or du dernier festival de Cannes concourt pour le meilleur film, la réalisation, le scénario original et l’actrice principale avec Emmanuelle Riva.

La cérémonie des Oscars aura lieu le 24 février à Hollywood.

« Amour », de Michael Haneke, reçoit l’Oscar du meilleur film en langue étrangère

La consécration pour Michael Haneke. Le film Amour du réalisateur autrichien, déjà primé au festival de Cannes et aux César, a reçu l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, dimanche 24 février.

AMOUR : Oscar du meilleur film en langue étrangère

Consécration pour Michael Haneke, mais pas pour son actrice Emmanuelle Riva.

Le film Amour, déjà primé au festival de Cannes et aux César, a reçu l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Bien que tourné en français, en France et avec des acteurs français, cette coproduction franco-autrichienne était présentée aux Oscars sous les couleurs de l’Autriche. En revanche, la Française Emmanuelle Riva n’a pas été récompensée. Elle était en lice pour l’Oscar de la meilleure actrice.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans 2012, Cinéma, Festival de Cannes, Société | 2 Commentaires »

Avant-Première de Stars 80

Posté par ENO filles le 17 octobre 2012

Avant-première de Star 80 au Pathé Liberté

En route vers le succès.

Beaucoup de monde,

Et ce n’est pas une honte,

Pour accueillir cette constellation d’étoiles

Le  mercredi 10 octobre à 20 heures

Que du bonheur !

Has been eux ? Jamais !

Même pas peur!

Au contraire!

« Non, ils n’ont pas peur d’en d’accentuer ce côté

de celui qui tout à coup revient

sur le devant de la scène »

Ils ont tous beaucoup d’humour et,

Jouer avec leur image, semble un vrai jeu pour eux.

Ce film pose un tendre  regard sur ces personnages

Malmenés par le tourbillon de la vie

Qui avec un seul titre pour certains,

Ont chantés des tubes que personnes encore n’a oubliés.

C’est un film léger, qui fait du bien, qui fait chanter.

Une énergie festive.

Humilité et autodérision sont les moteurs de cette comédie.

LES REALISATEURS

Après le grand tourbillon du succès de The Artist, qui a tout emporté sur son passage, Cesar, Oscar, Bafta, Golden Globes et bien d’autres, Thomas Langmann, le producteur du film, digne fils de son père Claude Berri, revient  à un genre plus populaire.

Il partage cette délirante et libre réalisation et s’investit totalement dans cette  comédie avec Frédéric Forestier qui retrace la success- story des deux producteurs à l’origine de la tournée « RFM Party 80 » et qui remet au goût du jour les anciens tubes du top 50 et leurs interprètes.

LE CASTING

Les deux producteurs du spectacle dans le film

Richard Anconina

Patrick Timsit

Les chanteurs

Cookie Dingler,

Début de Soirée,

Desireless,

Emile & Images,

François Feldman,

Gilbert Montagné,

Jean Schultheis,

Jean-Luc Lahaye

Jean-Pierre Mader,

Léopold Nord & Vous (qu’on voit chanter Les Beatles avec Patrick Hernandez sur la photo ci-dessus).

Lio,

Patrick Hernandez…

Peter & Sloane.

Johnny Halliday, Michel Sardou et quelques autres idoles encore au Hit, ont décliné l’invitation. On se demande pourquoi !!!

Demain Jeudi 17 octobre, sur France 2, dans « C’est au programme »

Sophie Davant recevra une grande partie de l’équipe.

Ils seront là, pour un « revival » sans précédent. Ils chanteront pour vous et vous chanterez pour eux.

Ne les manquez surtout pas.

Les voir et les écouter parler et chanter est un vrai plaisir.

SYNOPSIS

Vincent et Antoine, deux fans des années 80, dirigent une petite société de spectacle qui fait tourner des sosies dans toute la France. Entre déboires sentimentaux et caprices de leurs pseudo vedettes, l’affaire finit par péricliter.

A la veille du dépôt de bilan, ils retrouvent un carton de vieux 45 tours : Jeanne Mas, Jean-Luc Lahaye, Lio, Desireless, Peter & Sloane, François Feldman, Début de soirée, Images, Cookie Dingler, Sabrina, Gilbert Montagné… tous les tubes des années 80 ! Immédiatement, l’étincelle jaillit : pourquoi ne pas faire remonter sur scène les vraies Stars des années 80 ?

Les deux producteurs partent alors en quête de ces vedettes oubliées, et montent une tournée de concerts qui débutera dans la galère avant de cartonner en province et triompher…  au Stade de France !

LA BANDE ANNONCE

 

Avant-Première de Stars 80 dans 2012 bande-annonce-300x224

APRES LE FILM RENCONTRE AVEC UNE PARTIE DE L’EQUIPE

Les images

 

(pour les visualiser cliquez sur l’animation) 

ap-animation1-300x223 dans Avant-premières

Les spectateurs posent leurs questions

Cliquez sur l’image pour les écouter parler de leur spectacle et répondre aux spectateurs.
 
 
 
photo-300x144 dans Cinéma
 
 
Restrictions: la musique de la video comporte un extrait de la chanson de Sabrina -récupérée dans un de mes disques- qui est elle même présente dans le film et à l’avant-première. Si cette utilisation de la chanson était refusée par la société qui la gère «   Believe SME » je me verrais dans l’obligation de la retirer du blog.

En voici un bref condensé.

Q- A-t-il été facile de  convaincre facilement les chanteurs de jouer leur propre rôle ?

Les chanteurs ont beaucoup d’humour et puis ils se connaissent tous.

- Il y a une vraie amitié entre eux qui se ressent à l’écran. 

Le film est d’autant plus touchant que revenir sur le devant de la scène semble avoir été plutôt agréable pour eux qui , privés d’une carrière sur le long terme, se  retrouvent sous le feu des projecteurs.

Aucun ridicule sinon de la tendresse. Il s’agit là de faire rire sans jamais se moquer.

Q- Est-ce que ce film retrace la réalité ?

C’est un film où la fiction et la réalité se mélangent beaucoup. On a inventé des petites histoires aux artistes, parfois tirées de vraies anecdotes, parfois inventées de toutes pièces…

…. Mais pendant le tournage certaines anecdotes vous feront bien rire. Ecoutez-les parler dans la vidéo que j’ai réalisée pour vous sur Youtube. Et merci de bien vouloir m’excuser de sa piètre qualité. Mon matériel n’est pas à la hauteur de ceux dont j’ai pris la voix.

Q- Moi, je n’étais pas née dans les années 80 mais j’ai adoré le film, les chanteurs et les chansons.

Quand on a le talent d’avoir réussi quelque chose de populaire, cet élan dure dans le temps.

Et les jeunes ne s’y trompent pas à entendre la foule en délire chanter pendant le film et après, lors de la rencontre.

Quant à moi, j’ai vécu ces tubes des années 80 avec ma fille adolescente .

Q-  Plus qu’un film, vous parlez d’un concept pour ce film Stars 80, pourquoi ?

C’est un film interactif qui va surprendre, il est vraiment innovant. C’est rare d’avoir un film qui soit aussi un spectacle, auquel le public pourra participer en chantant. Nous allons d’ailleurs sortir une version karaoké du film…

Q-Et la critique, quelle sera-t-elle, selon vous ?

Ce sera au public de donner son verdict.

Je pense qu’il sera difficile de ne pas aimer ce film.

J’espère que Stars 80 va aussi plaire à la critique.

Merci de votre enthousiasme ce soir…

Et tout le monde de chanter en chœur avec les artistes.

Ce fut une réjouissante soirée, antimorosité. Ne boudez pas ces « plaisirs démodés » (pas tant que cela!)

Et si vous deviez ne voir qu’un seul film, déplacez vous pour celui-là.

 

Sources:

 * le Figaro du 28/09/2012

* Interview de Thomas Langmann

Pour revivre leurs tubes cliquez sur les liens ci-dessous:

Cookie Dingler   Femme libérée 

Début de Soirée Nuit de folie

Desireless Voyage  

François Feldman Joue pas

Gilbert Montagné  On va s’aimer

Gilbert Montagné Oh! My Lord!

James Brown Living in America

Jean Schultheis Confidence pour confidence

Jean-Luc Lahaye Femme que j’aime  

Jeanne Mas Toute première fois

Jean-Pierre Mader Macumba

Joe Cocker You Can Leave Your Hat On

Julie Pietri Eve lève toi

KISS  I Was Made For Lovin’ You

Léopold Nord & Vous  C’est l’amour

Les démons de  minuit Emile & Images

L’été indien

Lio Les brunes comptent pas pour des prunes

Marc Lavoine Elle a les yeux revolver

Patrick Hernandez  Born to be alive

Peter & Sloane Besoin de rien, envie de toi  

Sabrina Boys

 

 

 

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Le Festival de Cannes pour les nuls

Posté par ENO filles le 11 mai 2012

Le Festival de Cannes pour les nuls dans 2012 AFFICHE-20121-220x300

 

 

Avec le mois de Mai restons au Cinéma.

Le 65ème Festival de Cannes ouvrira ses portes le  mercredi 16 mai et les refermera le 27 mai.

En savoir plus sur le festival?

CANNES C’EST OU ?

Cannes est une ville située dans le sud de la France, dans le département des Alpes-Maritimes, tout au bord de la mer Méditerranée.

Le festival a lieu au bord de l’eau, sur le magnifique boulevard qui longe la mer, la Croisette. Chaque mois de Mai la vie des Cannois est complètement bouleversée : la ville est envahie par des milliers de comédiens, de réalisateurs, de producteurs et donc de journalistes, de photographes, mais aussi de personnes que le cinéma fait rêver. Et moi aussi le cinéma me fait rêver. Un peu moins maintenant car il se veut tellement réaliste que le rêve s’évanouit un peu. Certes l’Art a toujours été le reflet de la réalité et de l’époque. Et justement notre époque est devenue si troublée et troublante que le rêve l’est aussi et vire souvent au cauchemar.

Puisse le fait que de  voir notre réalité sur grand écran nous invite à y réfléchir…

L’affiche a évolué dans le temps et nous raconte l’Histoire du 7e Art.

Affiche-cannes2012-cannes65 dans Cinéma

COMMENT SE DEROULE LE FESTIVAL?

Chaque année, durant la seconde quinzaine de mai, la ville de Cannes est envahie par des cinéastes et prise d’assaut par des milliers de photographes

Le festival est organisé autour d’un jury, d’un président et d’une maîtresse de cérémonie.

Pendant quinze jours, les membres du jury, essentiellement des acteurs, des réalisateurs – bref, des professionnels du cinéma et leurs invités de marque– regardent les films sélectionnés par les organisateurs du festival. Puis ils décernent un certain nombre de prix, dont la Palme d’or – la plus haute distinction –, le  Grand prix, le Prix de la mise en scène, le Prix d’interprétation féminine et masculine pour les comédiens… et bien d’autres encore qui méritent de figurer à ce Palmarès.

LA MONTEE DES MARCHES C’EST QUOI ?

C’est le moment le plus commenté du festival. Ces marches recouvertes d’un immense tapis rouge mènent au palais des festivals. La foule des spectateurs agglutinée derrière des barrières attend de voir en réalité leurs personnalités préférées, leurs stars. Pour elles c’est l’occasion de se montrer et se faire photographier dans leur plus belle ou leur plus excentrique tenue. Certaines d’entre mieux que d’autres stationnent un moment et saluent leurs fans en délire. D’autres se contentent de défiler sans même un regard vers ceux qui les font vivre.

Mais tout cela n’a plus le caractère bon enfant que j’ai connu. Insécurité quand tu nous tiens! Les visiteurs sont parqués avec impossibilité de s’approcher de leurs idoles, bien tenus par des policiers et autres agents de sécurité.

Néanmoins j’ai toujours un plaisir à déambuler dans cette ville en fête et au hasard de la promenade il m’est arrivé de côtoyer des célébrités. C’est toujours un plaisir.

CETTE ANNE QUI FAIT QUOI ?

Pour cette édition de Cannes 2012, la maîtresse de cérémonie est la  comédienne Bérénice Bejo, partenaire de Jean Dujardin dans « The artist »

Au JURY des longs métrages

Le Président: Nanni Moretti, Comédien et Réalisateur italien

L’actrice israélienne, Hiam ABBASS

La réalisatrice britannique, Andrea Arnold

Notre actrice, Emmanuelle DEVOS

Le styliste français, Jean-Paul Gaultier

L’actrice allemande, Diane KRUGER

L’acteur britannique, EwanMcGregor

Le réalisateur américain, AlexanderPayne

Et enfin, le réalisateur haïtien, Raoul PECK

 Au JURY de la Cinéfondation et des courts métrages

Président: le réalisateur belge bien connu, Jean-Pierre Dardenne  

Le scénariste brésilien Karim Aïnouz,

Ecrivain, scénariste et réalisateur français, Emmanuel Carrère

L’actrice canadienne, Arsinée Khanjian  

Le Directeur de la photographie et réalisateur chinois, Yu Lik-Wai

Au JURY Un certain regard

Président: Tim Roth (Comédien – Réalisateur) (Royaume-Uni)

JURY de la Caméra d’or

Président: Carlos Diegues (réalisateur) (Brésil)

Le réalisateur français, Michel Andrieu

Le directeur de la photographie français, Rémy Chéri  

Le critique français, Francis Gavelle

Le directeur d’une société française de doublage de films, Hervé Icovic

Et enfin , Gloria Satta, journaliste italienne.

LES PRIX

Je me bornerai ici aux longs métrages.

Palmarès des Longs métrages

La Palme d’Or

Le Grand Prix du Jury

Le Prix de la meilleure mise en scène

Le Prix du meilleur scénario

Le Prix d’interprétation féminine

Le Prix d’interprétation masculine

Le Prix du Jury

La Caméra d’or

Pour les autres sélections

Le Prix Un Certain Regard

Le Prix du Jury – Un Certain Regard

Le Prix de la mise en scène – Un Certain Regard

Le Premier Prix de la Cinéfondation

Le Deuxième Prix de la Cinéfondation

Le Troisième Prix de la Cinéfondation

La Palme d’Or d’Honneur

LE FESTIVAL, UNE HISTOIRE MOUVEMENTEE

Ce festival de cinéma a une histoire riche en anecdotes et parfois mouvementée.

En 1955 Le Festival n’a pas lieu pour des raisons d’ordre budgétaire (crédits). Le Festival aura finalement lieu, désormais, au printemps de chaque année. La
décision est prise au cours du congrès des producteurs de films. Ainsi Cannes ne rentrera plus en compétition avec Venise.

En mai 1968, alors que la France était paralysée par les manifestations d’étudiants et d’ouvriers, le  festival a été interrompu, car beaucoup de réalisateurs présents souhaitaient exprimer leur solidarité avec les manifestants.  Plus de détails ici

LA SELECTION OFFICIELLE

La sélection officielle du Festival de Cannes 2012 a été dévoilée depuis 4 semaines, le jeudi 19 avril.

« Présenté hors compétition, le film de Claude Miller, décédé le 4 avril dernier, « Thérèse Desqueyroux » avec Audrey Tautou et Gilles Lellouche, sera projeté le dernier soir de la quinzaine ». (Amanda Schwab/AP/SIPA)

QUELQUES CHIFFRES POUR COMMENCER …

22 : le nombre de films en compétition cette année.

4 : le nombre de réalisateurs en lice qui ont déjà obtenu la Palme d’Or (Abbas Kiarostami, Ken Loach, Cristian Mungiu, Michael Haneke).

Plus ennuyeux : 0 est le nombre de femmes en course pour cette 65e édition…

On trouve tout de même deux Françaises en Sélection officielle à « Un certain regard » :

- Catherine Corsini (Trois mondes, avec Raphael Personnaz et Clotilde Hesme) et

- Sylvie Verheyde (Confessions d’un enfant du siècle, d’après Musset avec Charlotte Gainsbourg et Pete Doherty).

LES INVITES

Avec les stars invitées sur la Croisette, cette 65e édition s’annonce particulièrement glamour, toutes générations confondues : Robert Pattinson pour Cosmopolis de Cronenberg et  Kristen Stewart pour « Sur la route » de Walter Salles)

Les groupies pourraient aussi envahir Cannes en raison de la venue de Zac Efron, à l’affiche de « The Paperboy ».

A ses côtés figurent Matthew McConaughey, héros du Mud de Jeff Nichols et Nicole Kidman qui joue aussi dans le téléfilm de Philip Kaufman projeté en Séance spéciale.

Citons encore Brad Pitt, qui devrait trouver un grand rôle dans « Killing them softly » d’Andrew Dominik -réalisateur de L’Assassinat de Jesse James- et tout le casting de Lawless de John Hillcoat avec Tom Hardy, Guy Pearce, Shia Labeouf, Mia Wasikowska, Jessica Chastain…

HORS COMPETITION

« Io e Te » de Bernardo Bertolucci (Italie)

« Hemingway & Gellhorn » de Philip Kaufman (États-Unis)

« Madagascar 3 » de Eric Darnell et Tom McGrath (États-Unis)

 « Une journée particulière » de Gilles Jacob et Samuel Faure (France)

* Film de clôture du Festival « Thérèse Desqueyroux » de Claude Miller (France)

LES LONGS METRAGES EN COMPETITION

1. « Moonrise Kingdom » de Wes Anderson (États-Unis)

* Film d’ouverture Comédie, Drame avec Bruce Willis

Date de sortie 16 mai 2012

Bande annonce

2. « De rouille et d’os » de Jacques Audiard

Bande annonce

3. « Holy motors » de Leos Carax

4. The Paperboy de Lee Daniels (États-Unis)

Thriller; Date de sortie prochainement

5. Cosmopolis de David Cronenberg


6. « Amour » de Michael Haneke (Autriche)

7.« Killing Them Softly » de Andrew Dominik (États-Unis)
8. Lawless de John Hillcoat (États-Unis)

9.« Vous n’avez encore rien vu » d’Alain Resnais (France) Drame

Date de sortie 26 septembre 2012

10. “Sur la route » de Walter Salles (États-Unis – Brésil – France – Royaume-Uni) – Drame

Date de sortie 23 mai 2012

Bande annonce

11. « La Part des Anges » de Ken Loach (Royaume-Uni)

12. « Mud » de Jeff Nichols (États-Unis) – Drame

Date de sortie  prochainement

13. « Dans un autre pays » de Hong Sang-soo (Corée du Sud) avec Isabelle Huppert

14. « Beyond the hills » de Cristian Mungiu (Roumanie)

15. « Reality » de Matteo Garrone (Italie) – Drame, Comédie

Date de sortie 22 août 2012

16. « The Taste of Money » de Im Sang-soo (Corée du Sud)- Drame

Bande annonce

Date de sortie octobre 2012

17. Like Someone In Love d’Abbas Kiarostami (Japon)
18.  « Dans la brume » de Sergeï Loznitsa (Ukraine)

19. The Hunt de Thomas Vinterberg (Danemark) -Drame

Date de sortie prochainement

21. Après la bataille de Yousry Nasrallah (Egypte)

22.  « Post Tenebras Lux » de Carlos Reygadas (France-Mexique) Drame

Bande annonce

EN IMAGES: les principaux visages du festival de Cannes 2012

Cliquer ici

 

 

 

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Avant-première de « Radiostars »

Posté par ENO filles le 24 mars 2012

Avant-première de

Vendredi 22 mars, j’ai assisté à l’avant-première de « Radiostars », réalisé par Romain Théo Levy, metteur en scène novice mais cinéphile averti,

Romain Lévy

dont c’est la première réalisation bien qu’il ait déjà participé à l’écriture de quelques films dont Les 11 commandements et « Coursier » avec Michaël Youn et également de « Cyprien », la comédie d’Elie Semoun en tant que scénariste, qui traitaient avec humour et tendresse de bons sentiments tels que l’injustice, le mépris mais aussi la gentillesse et la reconnaissance de l’autre.

La jeunesse de l’équipe aussi bien derrière la caméra qu’à l’écran, son langage et son humour très actuels ne seront pas toujours très appréciés des gens de ma génération -il faut s’y faire, c’est notre réalité !!!

léquipe-du-film dans Cinéma

Romain Levy et Mathieu Oullion avouent quelques références pour Radiostars, comme Presque célèbre de Cameron Crowe, mais également Le Lauréat, pour son ambiance, Garden State, pour son ton, et bien sûr le film de radio par excellence, Good morning Vietnam.

« Pour tester la virulence des blagues douteuses dans son film, Romain Levy les a racontées à sa mère… Si elle ne trouvait pas la blague trop méchante ou trop politiquement incorrecte, il la gardait « ! C’est sans doute pour cela que le film reste regardable pour ma génération.

J’ai lu quelque part que le casting et le montage n’ayant pas été aisés, il n’y a pas eu moins de 15 versions différentes du film qui ont nécessité l’aide de nombreux consultants afin de donner une bonne crédibilité à l’histoire. Selon Clovis Cornillac, le jeune metteur en scène a l’air sympa comme ça mais c’est un bosseur qui ne laisse rien au hasard.

- Lu sur Face Book :

« Génial et encore Génial ce film, mille merci pour cette franche partie de rigolade, super film….. à voir et à revoir….. »

« J’étais la hier soir a l’avant première c’etais genial merci pour cette très bonne soirée j’ai trop kiffé !!!!le film était fantastique j’ai trop rigoler j’ai kifé t blague Manu  a la fin du film je te fais un coucou du74!!!!continu com sa tu dechire grav!!!bravo a toute l’equipe du film!!! 

-  mais j’ai passé une bonne soirée, distrayante mais aussi émouvante qui m’a permis de réfléchir et jeter un autre regard sur cette génération un peu difficile à appréhender.

Il y a beaucoup de vécu dans ce film! C’est normal, c’est écrit et réalisé par deux anciens de la radio. Romain Lévy et Mathieu Oullion respectivement réalisateur et scénariste et c’est ainsi qu’ils l’ont voulu. Et le choix de Clovis Cornillac comme animateur n’est pas anodin.

Le film vient justement d’être récompensé au 15e Festival International du Film de Comédie de l’Alpe d’Huez par le Grand Prix du Jury.

affiche-festival-avoriaz-2012

La bande-annonce

Arnold

Pour l’anecdote, il a du après le film se désintoxiquer du tabac : il y apparait avec une cigarette dans quasiment chaque séquence, fumant, pour les besoins du film, 4 paquets par jour… d’où sans doute le chewing gum qu’il a mâché pendant l’interview.

Clovis Cornillac

Pour en savoir plus cliquez sur son portrait.

Clovis-Cornillac

J’avoue que je suis venue à cette avant-première essentiellement pour  justement rencontrer Clovis Cornillac que j’ai remarqué dès le premier film que je l’ai vu dans le délirant « Brice de Nice » ou il campe un simplet au doigt de pied unique et coach de Jean Dujardin que j’ai découvert en même temps. Il s’agissait d’une réflexion sur cette question: « Doit-on rêver sa vie ou vivre ses rêves ? »

affiche-Brice-de-Nice

Vendredi, son accueil envers les spectateurs a été simple, charmant et chaleureux. Il est même resté bavarder un long moment avec eux, dans la rue, devant le cinéma, signant des autographes, prenant des photos avec eux, avec toujours des mots gentils dont j’ai moi aussi bénéficié. Pas de photo avec lui… j’avais oublié mon appareil…

En ce qui concerne son talent il n’en est pas  à son coup d’essai car il a fait ses début  à seulement 15 ans au théâtre et aux côtés de réalisateurs réputés tels que Peter Brook et Alain Françon. Il a été depuis également omniprésent à la télévision.

Clovis-Cornillac-plus-jeune 

« Clovis Cornillac est né le16 août 1967 à Lyon. Dès quatorze ans, Clovis Cornillac quitte la maison familiale pour apprendre le théâtre. Il commence par faire du théâtre de rue, énormément de théâtre subventionné et fait des « castings ». Clovis Cornillac était marié depuis 1994 avec Caroline Proust. Ils ont eu ensemble en 2001 des jumelles: Lili et Alice. Sa nouvelle compagne, avec qui il s’est affiché au Festival de Cannes 2011, est la comédienne Lilou Fogli. » -Wikipedia-

J’ai toujours été séduite – en tout bien tout honneur !!! – par ce comédien au physique de boxeur, toujours en révolte, un attachant voyou au regard d’un bleu intense et plein d’émotion que j’ai retrouvé tel que je l’imaginais.

Il est capable de tout jouer. Comédie,drame, et fonce à chaque fois dans ses rôles. Il a, il faut bien le reconnaitre, une »gueule ».Il aura sa place, j’en suis sûre, dans les mémoires du cinéma français.

Jeune délinquant dans « Hors-la-loi », mari jaloux au sang chaud, jouant souvent les malfrats mais aussi les révoltés, toujours prêt à défendre les faibles où à se défendre lui-même, comme dans « Faubourg 36« . Il n’a pas hésité à interpréter des rôles plus tendres comme « Malabar Princess », plus intimiste dans « La femme de Gilles » ou « Un long dimanche de fiançailles« .

Cet acteur tout-terrain est devenu incontournable dans le paysage cinématographique français et il fait partie de la grande famille de ces nouveaux comédiens qui s’imposent par leur charisme, leur non conformisme et leur capacité à tout jouer. Il n’a pas hésité à prendre des cours de chant pour Faubourg 36 et, pour ce film, d’animateur auprès de son partenaire Manu Payet, ex-animateur de radio.

Un bref aperçu de ses principaux films

1982  Enfant de la balle, Clovis Cornillac débute sa carrière sur les planches à 15 ans aux côtés de metteurs en scène aussi réputés que Peter Brook ou Alain Françon (Une lune pour les déshérités).

Apparaissant pour la première fois au cinéma en jeune délinquant dans Hors-la-loi de Robin Davis, il interprète très tôt des personnages de malfrats (Les Années sandwiches de Pierre Boutron, Il y a maldonne de John Berry).

1998, il tourne La Mère Christain sous la direction de sa mère, la comédienne Myriam Boyer.

S’il multiplie les rôles sur le petit et le grand écran ainsi qu’au théâtre, Clovis Cornillac devra attendre 1998 pour
voir son talent reconnu .

1999 avec Karnaval de Thomas Vincent – un film qui a également révélé Sylvie Testud.

Dans cette histoire d’amour sur fond de carnaval de Dunkerque, il campe un mari jaloux au sang chaud, une prestation qui lui vaut une nomination au César du Meilleur espoir masculin. A l’affiche de nombreux premiers films (Carnages de Delphine Gleize, Vert paradis d’Emmanuel Bourdieu), cet acteur tout-terrain impressionne en transsexuel dans le film de genre Maléfique en 2002.

2004 Comédien au regard intense et au physique de boxeur, activité à laquelle il se destinait étant jeune, Clovis Cornillac est nommé au César du Meilleur second rôle pour sa composition d’attachant voyou dans A la petite semaine de Sam Karmann. Devenu incontournable dans le paysage cinématographique français, il apparaît dans des films aussi différents que Malabar Princess (2004), une tendre chronique qui remporte un beau succès commercial, l’intimiste La Femme de Gilles – sélectionné à Venise -, et la fresque de Jean-Pierre Jeunet, Un long dimanche de fiançailles.

2005  Auréolé d’un « César du Meilleur second rôle » pour son irrésistible composition de footballeur fan de Baudelaire dans Mensonges et trahisons…,

Mensonges-et-trahisons

 il prend part, la même année, au succès de Brice de Nice. Le comédien prouve enfin à la France entière qu’il peut porter de grosses productions. Il obtient son premier rôle tête d’affiche dans les Chevaliers du ciel et incarne le mythique commissaire Valentin des Brigades du tigre avec Edouard Baer, Diane Kruger.

2006 S’imposant aussi bien dans le cinéma d’auteur que dans les grosses productions commerciales, Clovis Cornillac obtient des rôles de tout premier plan allant du pilote de chasse casse-cou des Chevaliers du ciel au commissaire Valentin des Brigades du Tigre en passant par le propriétaire d’une maison hantée dans la comédie disco Poltergay (2006). Après ses prestations très physiques dans Le Serpent et Scorpion, cet acteur de tous les défis continue son ascension vers la gloire en remplaçant Christian Clavier dans le rôle de l’irréductible Gaulois pour la mégaproduction Astérix aux Jeux Olympiques.

2007 Il change à nouveau de registre avec la comédie dramatique et musicale Faubourg 36 de Christophe Barratier. Pour les besoins de son personnage Milou, qui chante et danse sur les planches dans un spectacle haut en couleurs, il prend des cours de chant.

2008 Il poursuit dans le genre dramatique en tournant sous la direction de Claude Chabrol dans Bellamy.

2010 est marquée par sa participation à deux comédies, l’une policière (Protéger et servir) et l’autre romantique (L’ Amour c’est mieux à deux). Cette même année, il se perd même en pleine jungle guyanienne dans 600 kilos d’or pur d’Eric Besnard.

2011 est à nouveau une année des plus chargées pour l’acteur. Enchaînant toujours les films d’action et les comédies populaires, le comédien donne la réplique à Mélanie Laurent dans le sombre thriller Requiem pour une tueuse, avant de jouer un mari qui essaie sans succès d’avoir un enfant avec Olivia Bonamy dans Une folle envie. Il participe également à Monsieur Papa, la première expérience de Kad Merad en tant que réalisateur, et prête sa voix une nouvelle fois aux pingouins de la version française de Happy Feet 2, avant de reprendre les rôles musclés pour le film policier Dans la tourmente, où il partage la scène avec Mathilde Seigner et Yvan Attal.

2012 Sa carrière ne connait définitivement aucun temps mort, puisque cette année, il incarne le charismatique animateur d’une émission radio dans la comédie Radiostars.

Carrière à suivre… peut-être jusqu’aux Oscars, lui aussi.

Le synopsis

Après avoir largement expliqué pourquoi j’aime cet acteur, il est temps que je vous dévoile maintenant l’histoire:

En plein échec professionnel et sentimental, Ben, qui se rêvait comique à New York, est de retour à Paris. Il rencontre Alex, présentateur-vedette du Breakfast-club, le Morning star de la radio. Avec Cyril, un quadra mal assumé, et Arnold, le leader charismatique de la bande, ils font la pluie et le beau temps sur Blast FM. Très vite Ben est engagé : Il écrira pour eux. Alors qu’il a à peine rejoint l’équipe, un raz de marée frappe de plein fouet la station : l’audience du breakfast est en chute libre.

Lieux du Tournage:

*Dans l’histoire:

« C’est en bus qu’ils sillonneront les routes de France pour rencontrer et reconquérir leur public. Pour ces Parisiens arrogants, de ce road trip radiophonique naîtra un véritable parcours initiatique qui bousculera leurs certitudes ». On les aperçois à Limoges où Arnold se fait le défenseur des rêves d’un enfant, face à un père autoritaire et dans d’autres villages de la France profonde où ils rencontrent des succès divers qui les fait monter et descendre dans les sondages.

*Dans la réalité:

Pour faire en sorte que la bande de personnages apparaisse crédible à l’écran, tous les acteurs ont voyagé dans le même minibus pendant toute la durée du tournage. Un bus qui ne passe pas inaperçu.

La promiscuité et les longs trajets ont ainsi permis de resserrer les liens entres les comédiens. Une hilarante chanson est née émaillée de plats cuisinés aux noms inventés, aux sonorités méditerranéennes et au rythme propice à la bonne humeur. Un vrai régal « provençal » à découvrir quand vous irez voir ce film.

Le minibus

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Le lieu principal: Pourrières dans le Var que l’on aperçoit dans le film.

C’est l’évènement dans la vallée de l’Arc en ce mois de juin 2011….

« Après avoir tourné dans les gorges du Verdon, puis début juin à Châteauneuf-le-Rouge dans un stand de fruits et légumes, situé sur la RD7 à l’entrée du lotissement « La Gavotte », c’est à Pourrières située à 8km de Trets, que s’est installée ce Vendredi 17 juin 2011, toute l’équipe du long métrage de Romain Levy, le metteur en scène pour tourner plusieurs scènes. Le parking du cimetière de la commune varoise avait alors été transformé en aire d’accueil des camions loges et de la cantine; la maison des associations du village en loge à costumes, tandis que le tournage avait lui lieu sur la place principale du village, au pied de l’église et dans les petites rues alentours ».

TournagePourrieres17juin2011-005

presselaprovence18juin2011

 presseAujourdhuiFrance4Aout2011

En savoir plus sur les acteurs:

Les-acteurs

Manu Payet

Manu Payet  joue, on peut dire son propre rôle dans le film puisqu’il joue l’animateur vedette du Breakfast club. « Manu Payet est sûrement l’humoriste qui monte ces dernières années. Originaire de la Réunion, ce jeune animateur radio a bien fait de venir en métropole ! Révélé en 2002 par le Morning de NRJ, ce jeune comique ne va dès lors plus arrêter. De la présentation d’émissions parodiques sur la chaine Comédie, il va enchainer, en 2007, sur un one-man produit par Dominique Farrugia. Après avoir rencontré de grands succès à la radio, la télévision et sur scène, c’est désormais le cinéma qui lui ouvre grand les bras ! Manu Payet va être la voix française de Po, le panda héros de Kung Fu panda et enchaine les films, dont « Coco », avec Gad Elmaleh, « L’Amour, c’est mieux à deux » et aujourd’hui  « Radiostars » » Dans ce film il retrouve Clovis Cornillac une seconde fois. Et si Clovis Cornillac aide les débutants dans ce film, Manu lui va aider Clovis à jouer le plus justement possible son rôle d’animateur radio et il lui donne un conseil que l’acteur va suivre un peu avec réticence au début : écouter sa voix dans un casque  afin d’en avoir le retour dans ses propres oreilles » chose que chacun de nous déteste (quand vous écoutez votre voix dans un répondeur ou un magnétophone n’avez-vous pas le sentiment d’écouter quelqu’un d’autre). Cela l’a aidé à construire son personnage. Il l’a reconnu devant nous.

 et les autres…

 Il y a Cyril joué par Pascal Demolon une vrai gueule, un vrai caractère. Et Ben campé par Douglas Attal (fils d’Alain, le producteur du film.). Et il ne faut pas négliger la prestation de Côme Levin dans le rôle de Jérémy le bègue…. « Ouais imaginez un peu un bègue en radio ! Des belles anecdotes et situations à ne pas rater! »… Et je n’oublie pas le chauffeur du bus, personnage énigmatique sur lequel vous vous poserez autant de questions que les acteurs eux-mêmes. Mais pour cela il faut voir le film…

A ne pas rater!

Cette joyeuse bande nous fait bien rire. C’est léger et ça fait du bien! 

Sortie le 12 avril

Et pour les Parisiens :

Vous pouvez encore tenter de gagner des invitations pour l’avant-première de Radiostars, le 10 avril au Grand Rex en vous inscrivant ici

 

 

Publié dans 2012, Cinéma | Pas de Commentaires »

Jean Dujardin aux Oscars

Posté par ENO filles le 27 février 2012

Jean Dujardin aux Oscars dans 2012 affiche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il a gagné et finalement ne reste pas sans voix, même en anglais. Il a prononcé les mots que tout le monde comprend: « I LOVE YOU »

J’en suis ravie pour lui mais pas étonnée: voir mon précédent article du 14 septembre 2007

extrait-article-du-14.09.2007 dans Cinéma

Jean Dujardin est un artiste complet: du rire aux larmes, de la comédie au drame, il suscite une émotion réelle. Il a prouvé qu’un artiste doit savoir tout faire. A tiens! Je ne l’ai encore jamais entendu chanter! Mais cela va venir, j’en suis persuadée.

Et les Césars?

S’il n’a pas gagné le César du meilleur acteur c’est sans doute que l’on a voulu laisser la place à un autre.

Mais sa partenaire elle l’a obtenu. ne la boudons pas. Elle était charmante et touchante dans ce rôle.

« Les métamorphoses de Peppy Miller/Bérénice Bejo sont spectaculaires : d’abord, elle est la « flapper » des années folles, jeune fille délurée portant chapeau cloche, telle qu’a pu l’interpréter à l’écran Joan Crawford au début de sa carrière. Puis elle devient la maîtresse sensuelle telle qu’incarnée plusieurs fois par Greta Garbo face à John Gilbert, notamment dans le triomphal et scandaleux ‘La Chair et le diable’ de Clarence Brown. Puis elle se révèle une partenaire dansante, à l’instar de Debbie Reynolds, jouant précisément une « flapper » de la fin des années 1920, amoureuse de la star de cinéma Gene Kelly dans ‘Chantons sous la pluie’ qui n’est autre qu’une comédie sur l’arrivée du parlant à Hollywood.

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Omar Sy certes a été remarquable et j’ai adoré sa prestation dans « Intouchable » mais il est resté lui-même. Ce n’est pas vraiment une prestation d’acteur même s’il s’agissait pour lui d’un premier film. le rôle a été écrit pour lui. par contre, j’aurais plutôt plébiscité la prestation de François Cluzet qui a été absolument fantastique dans ce rôle d’handicapé. Une telle performance pour avoir su s’exprimer magnifiquement sans jamais bouger son corps méritait ce César que bien souvent on oublie d’attribuer aux grands acteurs déjà reconnus et que l’on attribue plus volontiers aux nouveaux acteurs.

Précédemment:

Le 13/05/2011THE ARTIST Le silence est d’or , par Olivier de Bruyn (sur Evene)

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Alors que la compétition cannoise, depuis son ouverture, abonde en noirceur, ‘The Artist’, le film de Michel Hazanavicius qui réunit Bérénice Béjo et Jean Dujardin, est une parenthèse enchantée.

Voilà le film que l’on n’attendait pas et pour cause. Dix jours avant le début des hostilités cannoises, ‘The Artist’
ne figurait pas en compétition, mais était « juste » censé divertir le festivalier harassé par l’état des lieux (glauque) du cinéma d’auteur mondial en étant présenté hors compétition, tel un divertissement de bon aloi.
Finalement repêché pour prétendre à la palme en compagnie des nouveaux bébés des grands auteurs de ce monde, le film de Michel Hazanavicius est présenté aujourd’hui sur la Croisette. On peut le prédire : il va remporter un triomphe à l’applaudimètre, comme ce fut le cas dès potron-minet à la projection de presse, pourtant réputée pour ses jugements matinaux sévères. Ce qui nous rappelle inévitablement le joli sort rencontré il y a trois ans ici même par le ‘Entre les murs’ de Laurent Cantet, sélectionné de dernière minute et qui repartit de Cannes avec une palme dans sa musette. S’il est trop tôt pour prédire un tel destin à ‘The Artist’, on ne serait pas plus étonné que ça de le retrouver très haut au palmarès dimanche prochain.

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« Dans son nouveau film, le cinéaste des ‘OSS 117′ se lance un défi ludique et anachronique qui en vaut d’autres : réaliser un film muet et en noir et blanc à l’heure où le cinéma mondial ne jure que par la 3D et les pétaradantes innovations numériques. Sa première motivation au-delà même de l’hommage aux inventeurs du cinéma ? « Travailler dans un format qui n’existe plus depuis 1927 », a-t-il expliqué en conférence de presse d’après
projection.
Encore fallait-il relever ledit défit et proposer autre chose qu’un gadget nostalgique. Soyons clairs : Hazanavicius réussit parfaitement son coup, grâce à un scénario malin, une mise en scène inventive qui joue habilement avec les figures imposées et deux acteurs qui s’en donnent silencieusement à cœur joie.
Histoire d’amour et histoire de cinéma, ‘The Artist’ plante son action en 1927 et s’intéresse au cas de George Valentin, une star du cinéma muet hollywoodien qui vogue de triomphe en triomphe et satisfait ainsi son ego surdimensionné.
L’homme tombe par hasard sur une figurante en devenir, la dénommée Peppy Miller, et en tombe raide amoureux. Hélas pour les amants potentiels, le cinéma s’en mêle. Les premiers essais du parlant persuadent en effet les décideurs et producteurs locaux de révolutionner le monde des images. Exit les vieilles gloires du muet, place à de nouveaux visages et à de nouvelles voix »

Je me souviens très bien, lorsque j’étais enfant de ces stars du muet (1915-1929) comme Buster Keaton, tombées en disgrâce à la sortie du cinéma parlant, pour en avoir entendu parler par mes parents.

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Pour raconter cette histoire simple, le cinéaste joue lui aussi la carte de la simplicité, ce qui est un sacré boulot. Excellemment rythmé et bourré de bonnes idées au détour de presque chaque scène, ‘The Artist’ respecte le cahier des charges du cinéma muet et divertit sans abêtir. Le récit amoureux et l’humble description des métamorphoses du cinéma s’entrecroisent et s’enrichissent mutuellement, avec une fluidité qui rappelle en passant que le film muet et son économie narrative ont toujours de bien belles choses à nous murmurer à l’oreille. Hazanavicius, fétichiste décontracté, ne se prend jamais au sérieux et ne sombre pas dans la parodie fastidieuse à base d’acteurs grimaçants et de gags estampillés « énormes ». Et son casting est à la hauteur de ses ambitions modestes mais joliment tenues. Dans les deux rôles principaux, Jean Dujardin confirme, quelques mois après sa prestation chez Nicole Garcia (‘Un balcon sur la mer’), qu’il sait exercer son talent désormais incontestable dans les registres les plus divers. Quant à la surprenante Bérénice Béjo, qui partage à la ville la vie du réalisateur, convainc elle aussi deux fois plutôt qu’une dans sa peau charmante de néo Paulette Godard.

Alors que la compétition cannoise, depuis son ouverture et quoi qu’on pense de la qualité intrinsèque des films qui la composent, abonde en surenchères noires et joue outrageusement la carte du « N’oublie pas que tu ne vas pas rire» (pédophilie par ci, dépression généralisée par là…), ‘The Artist’ fait figure de parenthèse enchantée. Modeste et plaisante. Le jury appréciera peut-être. Nous, c’est déjà fait.

Le 10/10/2011 – The « Golden Globes » :

« The Artist’, c’est l’Amérique En images » Par N. T. Binh

(sur Evène)

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Hollywood n’est pas ingrat et récompense ‘The Artist’, hommage frenchy à l’âge d’or du cinéma amércain. Avant les Oscars, le ilm de Michel Hazanivicius rafle trois Golden Globes : meilleur film et meilleur acteur dans une comédie, ainsi que meilleure musique. Nous nous sommes amusés à retrouver ses modèles, conscients ou non, dans les grands classiques hollywoodiens, qui ne sont d’ailleurs pas tous des films muets. Preuves à l’appui, avec des images tirées de la bande-annonce de ‘The Artist’.

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(De gauche à droite, Max Linder, Douglas Fairbanks, John Gilbert, Gene Kelly dans ‘Le Pirate’ et Fredric March dans ‘Une étoile est née’)

Plusieurs vedettes ont pu inspirer la performance de Jean Dujardin, récompensée au dernier Festival de Cannes. Tout d’abord, l’élégant comique français Max Linder et le héros bondissant Douglas Fairbanks, deux des premières idoles du cinéma mondial. Mais aussi le beau John Gilbert, qui fut le partenaire et l’amant de Greta Garbo, et dont la carrière fut brisée par l’arrivée du parlant, comme celle de George Valentin/Jean Dujardin dans ‘The Artist’. Le goût de Valentin pour les claquettes s’inspire de Gene Kelly qui, dans ‘Le Pirate’ de Minnelli, s’amusait à pasticher… Douglas Fairbanks !

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Lorsqu’il sombre dans la déchéance, son personnage emprunte de façon frappante le parcours et les traits de Fredric March, dans la version 1937 de ‘Une étoile est née’.

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Première d’un film à Hollywood IMG4

Le 10 octobre 2011, JEAN DUJARDIN RESTE SANS VOIX

 « Silences »

Interview muet de Jean Dujardin: propos recueillis par Etienne Sorin  

À fond dans son personnage de George Valentin, star du cinéma muet dans ‘The Artist’, Jean Dujardin a préféré garder le silence. Il a décliné notre proposition d’interview, sans doute inspiré par cette parole du Tao :

« Celui qui parle sème, celui qui écoute récolte ».

Du coup, on s’est dit qu’on pouvait très bien la faire sans lui. Quitte à faire les questions et ses réponses.

Etienne Sorin : Il paraît que la première fois que Michel Hazanavicius vous a proposé le rôle, vous avez refusé de peur de ne pas rencontrer le public avec un film en noir et blanc sans dialogues. En même temps, regardez ‘Philibert’, une parodie de film de capes et d’épées, en couleurs et avec des dialogues, a fait un bide…

Jean Dujardin : (Silence. Il sourit et se lève. Il saute sur le canapé, rebondit et fait des moulinets dans l’air et des fentes pour montrer qu’il voit très bien de quel film on veut parler.)

Etienne Sorin :Vous aviez avancé la même raison pour ne pas jouer le patron de la poste dans ‘Bienvenue chez les Ch’tis’ en 2007. Passer à côté d’un film à 20 millions d’entrées, pour un acteur populaire, c’est une faute professionnelle, non ?

J. D. : (Silence. Il se rassoit, se sert un verre d’eau, boit une longue gorgée et, simplement avec un très léger mouvement de tête, il nous fait comprendre que le box-office ne fait pas tout, que s’il est acteur, c’est avant tout pour prendre des risques, qu’il ne supporte pas l’expression « acteur bankable » à son égard et qu’il ne veut pas être rangé dans une case.)

 Etienne Sorin : Est-ce que la vraie raison de votre refus initial pour ‘The Artist’, ce n’est pas le fait que vous aviez une veille rancune envers le producteur Thomas Langmann. En 2003, il vous aurait promis un rôle dans ‘Double zéro’ avant de le refiler à Edouard Baer. C’est quand même une crapule ce Langmann, non ?

J. D. : (Silence. Il fronce les sourcils et se lève. On dirait qu’il essaye d’imiter Edouard Baer et de rejouer des scènes de ‘Double zéro’. Ou alors il imite Thomas Langmann. Ou alors il imite Claude Berri pour faire deviner Thomas Langmann… À moins qu’il n’imite Thomas Langmann en train d’imiter Edouard Baer.)

Etienne Sorin : Est-ce que vous avez accepté ‘The Artist’ à la condition que Langmann engage Edouard Baer sur le prochain Astérix? Si oui, est-ce que vous en voulez aussi à Edouard Baer ? Vous êtes conscient
du fait que Christian Clavier et Clovis Cornillac ne se sont jamais relevés du rôle du petit gaulois ?

J. D. : (Silence. Son portable sonne. Il décroche. On entend une voix féminine hurler : « Jean, c’est Alex. Jean ! Jean !!!!! Fais pas le lourd, vas-y répond… Tu vas jouer à ça encore longtemps ?! » Il raccroche. )

Etienne Sorin :Vous avez refusé trois fois de tourner avec Claude Lelouch parce que c’était des films choraux. Pourtant, vous avez bien tourné avec Guillaume Canet dans ‘Les Petits Mouchoirs’… Cela veut dire que vous préférez vous faire exploser par un camion et vous déguiser en travelo pour faire rire une bande de potes demeurés qui vous laissent à l’hôpital avec la tronche d’Elephant man plutôt que de tourner avec Lelouch ?

J. D. : (Silence. il fait un signe à l’attachée de presse qui passe à ce moment là. Il sort un carnet et griffonne quelques mots. L’attachée de presse nous regarde et dit : « il vous reste 2 minutes »)

Etienne Sorin : À Cannes, on avait le choix entre un pédophile (‘Michael’), un enfant psychopathe (‘We need to talk about Kevin’), des enfants maltraités (‘Polisse’), une maison close pas franchement gaie (L’Apollonide’) ou encore une fille violée dans son sommeil par des vieux dégueulasses (‘Sleeping Beauty’)… Vous n’avez pas eu l’impression de casser l’ambiance ?

J. D. : (Silence. Interrogatif, il se frotte le menton.)

Etienne Sorin : Cinq mois de répétitions pour un numéro de claquettes, c’est beaucoup. C’est pénible à ce point les claquettes ?

J. D. : (Silence. Soudain il se lève, roule le tapis et nous montre un step avec transfert du poids du pied gauche au pied droit. Il enchaîne avec une série de spank – frappe brossée arrière de la demi-pointe – et une série de riffle – brush plus un heel vers l’avant suivi d’un spank. Le tout sans les mains.)

Etienne Sorin : Le Prix d’interprétation à Cannes, c’est une revanche sur le cancre malheureux à l’école ? Un pied de nez à ceux qui ne voyaient pas l’acteur de la minisérie hétéro beauf ‘Un gars, une fille’ devenir une star? Un espoir pour tous ceux qui démarrent en faisant des sketchs dans des bars ? Une occasion d’amuser Robert de Niro qui avait l’air de s’ennuyer comme un rat mort sur la Croisette ?

J. D. : (Silence. Il sourit et nous montre sur son portable des photos de Robert de Niro et lui prises à Cannes : Bob et Jean font du vélo, Bob et Jean jouent au Casino, Bob et Jean dansent avec des bimbos…)

Etienne Sorin : Vous avez partagé votre prix à Cannes avec votre partenaire, Bérénice Béjo… Ce n’est pas un peu fayot sachant qu’elle est la femme du réalisateur ?

J.D. : (Silence. Son portable sonne à nouveau. Il décroche. On reconnaît la voix de Gilles Lellouche : « Salut mon con. Alex m’a dit que tu te faisais un trip « je-parle-pas-pour-voir-comment-ça-fait-de-vivre-comme-dans un film muet »…
C’est sympa mais il va falloir qu’on se voit pour parler de la promo des’Infidèles’. Rappelle moi vite, ciao.»)

Etienne Sorin : Dans Télérama, vous dites : « C’est toujours le problème de la honte, du soi-disant bon goût. Un film comme ‘Ghost’, par exemple, on le regarde en pleurant, mais on ne s’en vante pas ! »
Quand même, pleurer devant ‘Ghost’, c’est un peu la honte, non ?

J. D. : (Silence. Il regarde par la fenêtre, les yeux vagues, comme s’il voyait passer au loin le fantôme de Patrick Swayze.)

Etienne Sorin : ‘The Artist’ est dans la course aux Oscars. Vous allez devoir faire campagne, rencontrer des journalistes américains… Allez-vous continuer à donner vos interviews en français ou vous mettre enfin à l’anglais ? Un acteur français qui joue un acteur hollywoodien et qui ne sait pas aligner trois mots d’anglais, reconnaissez que ce n’est pastrès bon pour l’image de la France dans le monde. Et on va encore dire que les
Français sont nuls en langues…

J. D. : (Silence. Il sort de la poche de sa veste un mini dictionnaire français-anglais et le brandit fièrement au-dessus de sa tête comme un maoïste le Petit Livre rouge.)

Etienne Sorin : Dans le Journal du Dimanche, vous déclarez que pour faire des progrès en anglais : « il faudrait que je lourde
Alexandra (Lamy, son épouse) que je puisse partir deux mois avec une Américaine et revenir bilingue. » Un peu facile l’excuse de l’apprentissage des langues pour lourder sa femme ?

J. D. : (Silence. Il se lève et nous met un coup de tête) … BLANG !

Le 12 Octobre 2011: Rencontre Michel Hazanavicius et Jean Dujardin à la Fnac Saint-Lazare – Paris (75009)

Présentation

A l’occasion de la sortie du film The Artist, pour lequel Jean Dujardin a reçu le prix d’interprétation masculine au dernier festival de Cannes, la Fnac invite Michel Hazanavicius et Jean Dujardin pour une rencontre exceptionnelle.

Ils ont parlé du tournage du film, des défis liés au noir et blanc et au muet, mais aussi de leurs sources
d’inspiration ou encore de l’accueil reçu au Festival de Cannes.

Synopsis

George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L’arrivée des films parlants
va le faire sombrer dans l’oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars.

Ce film raconte l’histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l’orgueil et l’argent
peuvent être autant d’obstacles à leur histoire d’amour »

Mes articles précédents sur Jean Dujardin

* le 14 septembre 2007

99F – Avant-Première ! ATTENTION ! CHEF-D’ŒUVRE…”parce que vous le valez bien!” 

avec Jean Dujardin en route pour les oscars… je l’avais bien dit. Avec sa filmographie en 2007.

* le 2 mai 2008

Cash

avec Jean Dujardin — avec images du film

Un peu par superstition, j’attendais la consécration pour écrire cet article. Bravo à Jean Dujardin que j’ai apprécié dès que je l’ai découvert.

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